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De hauts fonctionnaires contestent le pouvoir du président Deby

Idriss Deby, le président du Tchadien a célébré ce week-end le quinzième anniversaire de son accession au pouvoir, malgré la vague de défections enregistrée au sein de son administration et de ses forces armées.

Selon des sources militaires et gouvernementales, d’influentes personnalités et plusieurs officiers supérieurs de l’armée ont déserté ce week-end pour venir grossir les rangs des forces rebelles qui se cachent dans l’est du pays.

Dans un communiqué transmis à la presse, deux de ses neveux et anciens proches collaborateurs, Tom et Timane Erdimi, qui ont travaillé respectivement dans les secteurs du pétrole et du coton, ont déclaré qu’ils rejoignaient les rangs des ceux qui étaient décidés à évincer Deby.

« Aujourd’hui, nombreux sont les Tchadiens qui luttent par divers moyens et différentes voies contre le régime de Deby. Nous nous intégrons dans cette logique sans état d’âme, ni aucun sentiment de culpabilité», ont-ils indiqué dans le communiqué.

Ces deux derniers mois, un groupe de soldats opposés à Deby et qui s’est baptisé le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (ou SCUD), opère dans la région Est du pays, frontalière avec le Darfour, au Soudan.

Bien que le Soudan ait aidé Deby à accéder au pouvoir, le confit de près de trois ans qui touche la région très instable du Darfour a des prolongements en territoire tchadien, et Khartoum et N’djamena s’accusent mutuellement de soutenir des rébellions armées.

Plusieurs officiers tchadiens ont critiqué le chef d’Etat pour le peu de soutien accordé aux membres de son groupe ethnique - les Zaghawas - qui combattent, au Darfour, le pouvoir soudanais et les milices qui l’appuie.

Ainsi, ce sont des Zaghawas qui sont à l’origine de la tentative de coup d’Etat de mai 2004.

Mais selon le chef du SCUD, Yaya Dilo Djerou, qui est lui aussi un Zaghawa, son groupe s’insurge contre la politique générale du gouvernement et son mouvement n’est pas uniquement soutenu par des membres de son groupe ethnique.

Lors du discours du 15ième anniversaire de son accession au pouvoir prononcé ce week-end dans sa ville natale, Fada, à plus de 1 000 km au nord-est de la capitale N’djamena, le président Deby ne s’est pas étendu sur le problème des mutins, mais a promis de les combattre.

« Je ne permettrai jamais à ces aventuriers de miner notre succès démocratique”, a déclaré le président, qui a pris le pouvoir en 1990 à la faveur d’un coup d’Etat et a plus tard remporté les élections de 1996 et de 2001.

Mais cet officier militaire devenu président doit actuellement faire face à de graves dissensions au sein de son armée.
Au mois d’octobre, il a dissout la garde républicaine, quelques jours après que des soldats aient déserté leurs postes à N’djamena pour se réfugier dans l’est du pays. En novembre, il s’était débarrassé de hauts responsables militaires issus de son ethnie.

Le mois dernier, il avait révélé que certains membres du SCUD étaient impliqués dans la tentative de coup d’Etat de mai 2004.
« C’est une aventure sans lendemain – un petit groupe d’aventurier », a déclaré le président Déby, à propos du groupe de dissidents.

Dilo Djerou, le leader du SCUD a cependant affirmé que son groupe comprenait plusieurs centaines d’hommes.

Réitérant implicitement les accusations selon lesquelles le gouvernement soudanais soutiendrait les rebelles, M. Deby a demandé au gouvernement de soudanais « d’abandonner toute action de déstabilisation du Tchad ».

Dans la région Est du Tchad, les autorités locales ont fait part de la désertion du préfet - le représentant du gouvernement - de Iriba et des sous-préfets d’Iriba et Goz Beida.

De sources militaires, les affrontements qui ont eu lieu la semaine dernière entre les troupes gouvernementales et les rebelles près de la localité d’Adre, à la frontière soudanaise, ont fait une douzaine de morts et cinq blessés parmi les soldats. En outre, les rebelles se sont emparés de trois véhicules de l’armée contenant des armes et en ont détruit deux autres.

Lundi, on apprenait également que des officiers basés à Bardai, dans le nord, avaient déserté leurs postes pendant le week-end.
A N’djamena, le ministre de la défense et de la sécurité publique a rencontré le chef d’état-major mais aucune source officielle n’a confirmé que la localité de Goz Beida était tombée aux mains des rebelles du SCUD.

Dans leur déclaration, les frères Ermini, soutenus par l’ancien chef du Bureau de la sécurité alimentaire, Mahamat Abdelkerim Hanno, et l’ancien directeur de l’Ecole nationale de l’administration et de magistrature, Abakar Tolli, ont appelé au renversement de M. Deby et à l’instauration d’une période de transition avant l’organisation de nouvelles élections.

Répondant aux attaques lancées par les frères Ermini contre le régime Deby qu’ils accusent d’avoir volé et appauvri le pays, le ministre de la communication, Hourmadji Moussa Doumgor, a accusé Tom Ermini de trahison et de détournement de plusieurs millions de dollars pendant qu’il coordonnait le projet pétrole du Tchad de 2000 à 2004.

« Il s’est enfui parce que l’étau commençait à se resserrer sur lui, tant à cause de son implication dans l’attentat du 16 mai 2004 contre le chef de l’Etat que par rapport à une enquête sur sa gestion du fonds d’action pour les initiatives locales », a déclaré Doumgor.

Ermini a immédiatement rejeté les accusations dans une déclaration publiée sur internet.

« La seule erreur dont je me sois rendu coupable est d’avoir travaillé pour Deby et de lui avoir accordé un soutien inconditionnel ».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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