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Pierre Nkurunziza dresse un bilan positif de ses 3 mois à la tête de l’Etat burundais

Burundais Pierre Nkurunziza a exhorté les leaders de l’Union européenne à le soutenir dans ses efforts pour consolider la paix au Burundi et aider au développement de son pays, déchiré par la guerre.

C’était la première visite du chef d’état dans un pays européen, depuis son accession à la présidence, le 26 août 2005.

M. Nkurunziza a exprimé sa « satisfaction » à la Belgique «qui a soutenu le Burundi dans les moments les plus difficiles» et annoncé une hausse substantielle de 15 millions d'euros (17,6 millions de dollars américains) de l'enveloppe de ce pays «pour y consolider la paix».

Il organisera une table ronde des donateurs pour le premier trimestre 2006.

Voici quelques extraits de l’interview qu’il a accordée à Bruxelles.

Q : Monsieur le Président, quel est votre bilan, après trois mois au pouvoir ?

R : Il est tout à fait positif. Nous remarquons que la population burundaise est très engagée à accompagner les programmes que nous avons présentés lors de la campagne électorale. Ainsi, la première décision fut de permettre à tous les enfants d'aller à l'école primaire sans devoir payer de frais de scolarité, ce qui fut très apprécié.

La population burundaise, mais aussi l'ensemble des fonctionnaires, sont très satisfaits car ils voient chaque jour des annonces de soutien de la part des partenaires du Burundi. L'année 2006 se présente donc très bien. Ainsi, les recettes ont été multipliées par trois et même par cinq dans des administrations locales. C'est une vraie renaissance.

Q : Comment allez vous faire pour augmenter le nombre d'enseignants et d'écoles ?

R : Le gouvernement s'emploie à ce que l'année prochaine il y ait des écoles mobiles ou transitoires. Dans le budget de l'Etat, on a prévu la construction rapide d'écoles primaires pour à peu près 25 millions de dollars. Beaucoup de partenaires nous apportent un soutien consistant. Près de 10 000 enseignants seront recrutés, on pourra ainsi récupérer beaucoup de fonctionnaires qui étaient sans emploi.

Q : Les rebelles du Front national de Libération (FNL) n'ont toujours pas déposé les armes. Certains parlent d'unités communes entre le Burundi et le Rwanda pour combattre à la fois les FNL et les rebelles rwandais. Que répondez-vous à ces allégations ?

R : Il s'agit d'une mauvaise appréciation. Le Burundi, le Rwanda, la République démocratique du Congo et l'Ouganda ont décidé de mettre hors d'état de nuire tous les mouvements à l'est du Congo. Ma rencontre avec le président rwandais s'inscrit dans la logique de l'engagement de chaque pays à cette fin. Je rencontrerai bientôt les présidents congolais et tanzanien.

Ce n'est donc pas seulement une question d'une unité conjointe entre le Burundi et le Rwanda. Entre-temps la Commission de l'Union africaine est venue à Bujumbura pour inspecter la frontière avec le Congo, et l'ONUB redéploie ses forces vers cette frontière.

Cela dit, le gouvernement tend la main aux membres du Palipehutu-FNL. Ces derniers temps des milliers de gens se sont rendus et nous nous employons à les rendre à leurs familles.

Q : Qu'en est-il de la lutte contre l'impunité ?

R : Le Burundi sort d'une crise de plus de dix ans, mais ses problèmes remontent à l'indépendance. Les négociations sont actuellement en cours avec les Nations Unies pour la mise en place d'une Commission vérité et réconciliation, sans doute l'année prochaine. Une cour spéciale sera chargée de poursuivre les auteurs des différents crimes.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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