Réunis à Abuja, au Nigeria, les représentants des mouvements rebelles et du gouvernement soudanais ont fait part de leur volonté commune d’accomplir des réels progrès au cours de ces pourparlers de paix, conformément aux attentes de la communauté internationale.
« Le moment de vérité est arrivé pour tous les Soudanais réunis dans cette salle », a déclaré Salim Ahmed Salim, le médiateur de l’Union africaine (UA), en ouvrant le septième round des pourparlers de paix entre le gouvernement de Khartoum et les deux mouvements rebelles du Darfour - le Mouvement/armée de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l’Egalité (JEM).
« Il est clair désormais pour tout le monde qu’il ne peut y avoir de solution militaire à la crise », a-t-il ajouté.
Prenant la parole pour la première fois au nom des deux mouvements rebelles, Ahmed Tugod Lissan, le négociateur en chef du JEM, a déclaré :
« Nous sommes ici avec la ferme détermination de trouver une solution durable à ce conflit ».
A la fin du sixième round des pourparlers d’octobre dernier, très peu de progrès avaient été accomplis en raison de la crise de leadership au sien du SLM/A, avait alors déclaré M. Salin.
Le nouveau round, qui devait s’achever la semaine dernière, a été repoussé afin de donner aux médiateurs une chance de mettre fin à ces divisions.
Abdul Waheed Al-Nur et Mini Minawi, les deux chefs des fractions rivales du groupe, se sont rencontrés le week-end dernier à N’djamena, la capitale tchadienne et, pour la première fois, ont accepté d’adopter une position commune durant les pourparlers.
M. Minawi, qui affirme être le président du SLM/A, avait boycotté les précédents pourparlers d’Abuja. Sa présence est jugée cruciale pour le succès des négociations, puisqu’il est soutenu par un grand nombre des combattants du SLM/A présents sur le terrain.
Les dissensions de plus en plus marquées entre les leaders politiques et les commandants militaires du SLM/A ont provoqué une scission au sein de la structure de commandement du mouvement et l’échec des précédents pourparlers.
Quelques progrès ont été enregistrés notamment sur le partage de la richesse et du pouvoir et sur la sécurité, des sujets à l’origine du conflit du Darfour.
Ce conflit a éclaté en février 2003 lorsque les deux principaux groupes rebelles, le SLM/A et le JEM, ont pris les armes pour combattre, selon eux, la politique de discrimination et d’oppression menée par le gouvernement soudanais contre les populations de la région. Les rebelles accusent notamment le gouvernement d’avoir cherché à écraser la rébellion en montant des groupes de miliciens arabes – les Janjawid - contre les civils.
Selon l’ONU, quelque 3,3 millions de personnes sont encore affectées par le conflit qui a fait 1,8 millions de déplacés et a provoqué l’exode de quelque 200 000 personnes vers le Tchad voisin.
Dans un message adressé aux participants aux pourparlers d’Abuja, Olusegun Obasanjo, chef d’Etat du Nigeria et président en exercice de l’Union africaine (UA) a indiqué, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Oluyemi Adeniji, que cette septième session devait être la dernière.
« Nous espérons fermement que ce round sera le plus décisif et le dernier », a indiqué M. Obasanjo.
Et dans une déclaration faite depuis New York, Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, a exhorté les différentes parties impliquées dans le conflit à mettre fin à ce conflit, qui représente la plus grosse crise humanitaire jamais connue.
« Le secrétaire général exige fermement des parties impliquées dans le processus de paix d’Abuja… qu’elles mettent immédiatement un terme à toutes les actes de violence et les atrocités commises sur le terrain ».
« Il exhorte les parties à négocier un accord de paix juste et global ».
En dépit du cessez-le-feu, ces deux derniers mois ont vu une escalade de la violence, des massacres et des viols, et Annan a prévenu la semaine dernière que le Darfour pourrait basculer dans l’impunité et l’anarchie totale.
Au cours du round précédent, trois commissions avaient débattu des problèmes du partage du pouvoir, des richesses et de la sécurité. Des progrès ont été enregistrés sur les questions techniques et de procédure, mais rien de concret n’a été décidé concernant les sujets plus importants.
A propos de la politique du partage du pouvoir, les parties sont parvenues à un accord sur les droits de l’homme et les libertés fondamentales ainsi que sur les critères et les grandes lignes de cette politique. Ils ont également mis en place un plan de discussions en 10 points portant sur le partage des richesses. Les problèmes sécuritaires ont fait l’objet de discussions informelles.
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