« Cela permettrait de renforcer la cohésion entre les Etats africains qui travailleraient ensemble sur des dossiers sensibles de sécurité, et cela nous apprendrait, à nous Européens, à travailler ensemble dans le domaine de la sécurité », a annoncé, mercredi à IRIN, Michel Lastchenko, le bras droit de M. de Decker.
Selon Michel Lastchenko, les centres seront construits en Afrique et fourniront une formation au maintien de paix de qualité aux forces armées africaines et européennes.
Lundi, M. de Decker a soumis la proposition au Conseil européen des affaires générales et des relations extérieures - un mois avant la tenue du sommet des chefs d’Etat de l’UE au cours duquel « la stratégie de l’UE pour l’Afrique » pour la prochaine décennie 1doit être adoptée.
La Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, a approuvé, en octobre denier, une nouvelle « stratégie pour l’Afrique », qui plaide pour une augmentation de l’aide versée à l’Afrique et encourage les Etats africains dans leur politique de maintien de la paix et de la sécurité, de bonne gouvernance, de cohésion sociale et de développement durable.
« Cela ne serait pas une mauvaise idée d'inclure cette proposition dans la stratégie », a précisé M. Lastchenko.
L’EU prendra part aux discussions sur la concrétisation de cette proposition. Les questions relatives au budget et au financement n’ont pas encore été abordées, a-t-il ajouté.
Depuis l’accession à l’indépendance des pays d’Afrique, dans les années 1960, les guerres ont ravagé un grand nombre de pays africains, fait des centaines de milliers de morts et contraint des millions d’autres à l’exode.
Beaucoup de missions de maintien de la paix soutenues par les Nations unies (ONU), l’UA - qui a succédé à l’Organisation de l’unité africaine - et d’autres organes régionaux, ont été mises en place en Afrique et ont été menées par des forces militaires sans formation préalable pour ce genre de mission.
Certaines avaient donc échoué en raison du manque de financement ou de formation des forces de maintien de la paix.
« Cette mission s’effectuera sur une longue durée et impliquera la présence de formateurs européens et africains », a annoncé M. Lastchenko.
Par ailleurs, M. de Decker a proposé la mise en place d’écoles d’administration, de commerce et de gestion en Afrique, afin « d’avoir un modèle de bonne gouvernance qui sera reproduit dans les pays africains ».
L’UA et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) détermineront les conditions de la mise en mise en place de l’initiative, a indiqué M. de Decker.
Auparavant, la formation au maintien de la paix en Afrique s’effectuait dans le centre international de formation au maintien de la paix d’Accra, au Ghana. Ce centre a ouvert ses portes en novembre 2003 à la première promotion d’officiers militaires et de cadres civils originaires de quinze pays d’Afrique.
Le Ghana a une longue expérience des missions de maintien de la paix de l’ONU, et le centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix a été construit dans la banlieue d’Accra, grâce à un financement du gouvernement allemand.
En janvier 2004, le Brigadier Général Charles Mankatah, responsable du centre international, a indiqué à IRIN que des stagiaires originaires des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avaient été choisis en premier, car l’objectif du centre était de créer une force de maintien de la paix pour la sous-région.
Ce centre propose une formation de deux à quatre semaines sur la gestion des conflits, les opérations de maintien de la paix, la bonne gouvernance et le contrôle du processus électoral. Ces cours s’adressent aussi bien aux sous-officiers qu’aux officiers supérieurs appelés à prendre des décisions opérationnelles sur le terrain.
La formation peut parfois être dispensée simultanément à des groupes de vingt à quarante stagiaires. Le prix de la formation par personne varie entre 2 400 dollars et 4 200 dollars américains.
Les noms tous les stagiaires du centre sont entrés dans une base de données consultable par des organisations comme les Nations unies qui peuvent alors faire appel aux compétences de ces personnes.
Parmi les principales opérations de maintien de la paix des Nations unies figurent celles menées au Burundi, en République démocratique du Congo, au Libéria, au Sierra Leone et au Soudan.
[GHANA: New training centre opened for African peacekeepers]
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