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Idriss Déby écarte ses proches du commandement militaire

Au lendemain des attaques sur des camps militaires de la capitale N’djaména, le président Idriss Déby, contesté par certains membres de son clan qui domine l’armée, a écarté de hauts responsables militaires issus de son ethnie.

S’adressant mercredi aux centaines de militants réunis devant le palais présidentiel pour lui apporter leur soutien, à l’initiative du Mouvement patriotique du salut au pouvoir, le chef de l’Etat a prôné la fermeté face aux récentes désertions et attaques armées.

« Nous ne pouvons plus laisser que des aventuriers de tout bord se réclamant de tel ou tel groupe politico-militaire, puissent réclamer des choses impossibles alors qu'il y a une constitution adoptée par le peuple tchadien qui condamne l'action armée », a déclaré le président qui est arrivé au pouvoir en 1990 à la faveur d’un coup d’état.

« Il est important … que nous jouions à la fermeté face à des aventuriers pour ramener l'ordre et la quiétude dans le pays », a ajouté le président.

Ces déclarations font suite à l’attaque, dans la nuit de dimanche à lundi, de deux camps militaires situés à N’djamena et sa banlieue proche par des éléments non identifiés, et qui s’est soldée par la mort de deux assaillants et la capture de 15 autres.

La tension est vive, au Tchad, depuis que de nombreux soldats ont déserté leur poste à N’djaména et se sont réfugiés à l’est du pays, où ils ont rejoint un mouvement baptisé le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (SCUD).

L’est du Tchad a été déstabilisé par les retombées du conflit qui sévit , depuis deux ans dans le Darfour voisin, à l’ouest du Soudan, et qui s’est révélé être un véritable casse-tête pour Déby.

Les combats du Darfour opposent le gouvernement soudanais - qui a facilité l’ascension de Déby au pouvoir - à des rebelles appartenant au même groupe ethnique que le chef d’Etat tchadien, présent des deux côtés de la frontière.

Plusieurs officiers tchadiens ont critiqué le chef d’Etat pour le peu de soutien accordé aux Zaghawas du Darfour dans leur combat contre le pouvoir soudanais et les milices qui l’appuie. Yaya Dillo Djerou, le chef autoproclamé du SCUD, est lui aussi Zaghawa.

Par décret présidentiel en date du mardi 15 novembre, Idriss Déby a nommé le général Banyara Kossingar chef d'état-major général de l’armée tchadienne et le Général Nadjita Beassoumal, un ancien compagnon de rébellion qui a accompagné sa prise de pouvoir, chef d’état-major de l’armée de l’air.

Tous deux sont issus du sud du pays et ont été promus aux dépens d’officiers zaghawas.

Ce sont au total 200 noms qui figurent sur le décret présidentiel, portant également mutation des principaux responsables de la police et des unités de l'armée dans les provinces.

Le gouvernement n’a donné aucune explication officielle, mais des officiers contactés par IRIN ont confirmé que le président Déby, qui avait assis son pouvoir en s’appuyant sur les Zaghawas, n’avait plus confiance en eux et s’ouvrait aux autres ethnies dans le but de reprendre contrôle de la situation.

« Le président a retiré l’exclusivité du commandement aux Zaghawas pour intégrer des officiers de carrière », a déclaré à IRIN jeudi un officier de l’état-major de l’armée tchadienne qui a requis l’anonymat.

« Mais ils n’ont pas été complètement vidés du commandement. Dans les régions militaires, on a associé aux commandants zaghawas des adjoints issus d’autres communautés ».

Ce n’est pas la première fois que le président Déby, contesté, opère des modifications dans les rangs de l’armée.

Le mois dernier, il a dissous la garde républicaine chargée d’assurer sa sécurité, dont de nombreux déserteurs faisaient partie, et l’a intégrée à l’armée de terre.

L’année dernière, Déby avait accusé lé Soudan voisin de soutenir un mouvement rebelle tchadien de 3 000 hommes opérant dans la zone frontalière.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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