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Le Président Conté met à la retraite près de 2000 soldats de l'armée guinéenne

Le Président Lansana Conté a mis à la retraite près de 2 000 soldats et le chef des forces armées guinéennes, procédant ainsi à une réduction majeure des effectifs militaires, a indiqué un officier de l’armée.

Ce sont au total 1 872 noms, dont le Général Mamadou Bailo Diallo, chef d’état-major de l’armée de terre, qui figuraient sur le décret présidentiel promulgué vendredi, mais non publié, a indiqué à IRIN un officier supérieur qui a requis l’anonymat.
Aucune explication officielle n’a été avancée pour la mesure soudaine qui prendra effet le 31 décembre. Mais selon la source militaire, les officiers supérieurs ont été mis à la retraite en raison de leur âge avancé.

Au mois de juin dernier, les autorités guinéennes avaient annoncé que des centaines de fonctionnaires, au nombre desquels figurent des ministres et des diplomates qui étaient en poste depuis 30 ou 40 ans, seraient admis à la retraite à compter de la fin de l’année.

Ousmane Bangoura, le directeur du ministère de la Fonction publique et de l’emploi, avait alors précisé à IRIN que 1400 fonctionnaires devraient faire valoir leur droit à la retraite, y compris des membres du gouvernement. « La question de la retraite de ces derniers relève de la seule compétence du président, qui les a lui-même nommés à ces postes », a-t-il déclaré.

Ces départs en retraite massifs permettront de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes diplômés et les nombreux chômeurs que compte le pays. La Guinée n’a pas entrepris de recrutement dans le secteur public depuis plus de 10 ans, s’efforçant de conserver moins de 50 000 fonctionnaires, en conformité avec les directives de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international.

Plusieurs haut-fonctionnaires concernés par le décret sont des proches de Conté.

Le Général Mamadou Bailo Diallo, l’un des rares militaires guinéens qui possède un matricule de l’armée française dans laquelle les Guinéens servaient avant l’indépendance du pays en 1958, a passé près d’un demi-siècle dans les Forces armées guinéennes.

Il a pris part au coup d’Etat sans effusion de sang qui a amené Conté à la présidence et a contribué à repousser les attaques de rebelles lancées sur la Guinée à partir du Liberia et de la Sierra Leone.

Le colonel Mamadou Baldé, inspecteur général des forces armées qui a déjoué la tentative de coup d’Etat contre Conté en 1985, alors qu’il était en visite officielle au Togo, est lui aussi mentionné dans le décret.

Le général Abdourahmane Diallo, secrétaire général de la sécurité intérieure, ex-ministre de la Défense, fait lui aussi partie des officiers mis à la retraite.

Ce sont au total quatre colonels, 10 lieutenants-colonels, 39 majors, 93 capitaines auxquels il faut ajouter 1 727 soldats, sous-officiers et officiers qui ont été mis à la retraite.
De nombreux soldats ont été suspendus pour alcoolisme, dépendance à la drogue, ou absentéisme, a précisé la source militaire.

D’autres militaires devenus invalides au cours de missions de maintien de la paix en Sierra Leone et au Liberia ont été mis en retraite anticipée.

Un second décret promulgué le lendemain du premier a promu 1 000 soldats.

Lorsque la nouvelle des mises en retraite forcée s’est répandue dans la capitale, mardi matin, les résidents de Conakry se sont précipités dans les stations services pour se procurer du carburant en prévision de troubles futurs dans le pays habitué aux coups de force.

M. Conté a fait modifier la Constitution en 2001 pour se maintenir au pouvoir aussi longtemps qu’il le voudra. Mais l’état de santé du président qui, à 70 ans, souffre de diabète, laisse parfois craindre que ce dernier ne puisse mener à terme son mandat qui arrive à échéance en 2010.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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