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Le taux de participation : la grande inconnue du second tour

Les représentants des Nations unis et les Libériens craignent une baisse du taux de participation au deuxième tour des élections présidentielles qui se tiendront mardi et qui opposera l’ancienne gloire du football George Weah à l’ancienne ministre des finances, Ellen Johnson-Sirleaf.

Près de 75 pour cent des électeurs inscrits avaient voté au premier tour du scrutin, le 11 octobre, mais depuis, plusieurs bureaux de vote sont devenus inaccessibles du fait des pluies torrentielles qui se sont abattues sur le pays. Pour certains électeurs, il n’est plus question de refaire une deuxième fois le long trajet vers les bureaux de vote et alors que pour d’autres, le second tour n’a plus d’intérêts puisque leur candidat n’est plus dans la course.

« Nous craignons que le taux de participation au second tour ne soit plus faible qu’au premier tour », a expliqué Paul Risley, le porte-parole de la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL). « Le niveau de mobilisation politique et l’intérêt des électeurs n’ont pas été les mêmes qu’au premier tour ».

Thomas Newland a voté au premier tour, mais le second tour ne semble pas le passionner puisque son candidat favori n’est plus dans la course.

« Je n’ai aucun respect pour les deux candidats restants. Je resterai donc chez moi boire une bière », a expliqué le vendeur ambulant.

Mais d’autres électeurs, comme Samuel Yamah, 48 ans, sont pressés de voter au deuxième tour et ne trouvent pas les mots pour exprimer leur empressement.

Yamah fait partie de ces milliers de Libériens qui se sont installés dans la capitale à la recherche d’un emploi, mais il s’est inscrit sur les listes électorales de son comté d’origine parce qu’il espère y retourner lorsque sa situation s’améliorera.

« J’ai payé de ma poche le voyage de retour dans mon comté pour voter au premier tour des élections, mais cette fois-ci, je n’ai pas d’argent », a expliqué Samuel Yamah. « Je suis plombier, mais il est difficile de trouver du travail lorsque la plupart des habitants du pays n’a pas d’eau potable. Il me sera donc difficile de voter au second tour ».

Comme de nombreux autres sympathisants, il campe depuis lundi dans la cour du siège du parti de M. Weah dans l’espoir de trouver quelqu’un qui lui paiera le voyage de six heures pour se rendre dans le Comté de Nimba et voter pour la star du football.

Mais la détérioration des infrastructures dans certaines régions pourrait aussi constituer un problème.

[Liberia] A clock outside Liberia's National Elections Commission counts down to Tuesday's presidential run-off. Soccer millionaire George Weah is battling former finance minister Ellen Johnson-Sirleaf to become the West African nation's next leader. [Dat
Un panneau sur la façade de la Commission électorale du Liberia indiquant le nombre de jour restant avant le second tour des présidentielles de mardi


« Après les fortes pluies qui se sont abattues sur le Liberia ces derniers mois, de nombreuses routes ont été gravement endommagées et plusieurs ponts se sont effondrés » a indiqué à la presse Frances Johnson-Morris, la présidente de la Commission électorale.

« De ce fait, le nombre de sites inaccessibles est passé de 255 à 273 ».

Un choix entre l’inexpérience et l’expérience politique

Certains Libériens attribuent le changement d’humeur du mois octobre –- lorsqu’il était courant de voir circuler bruyamment et dans un concert de klaxons, des cars de sympathisants politiques sur les routes défoncées de la capitale – au fait que les enjeux sont plus importants.

« Avant, il y avait 22 candidats et tout le monde savait que personne ne recueillerait la majorité des voix dès le premier tour. Cette fois-ci les enjeux sont plus importants et les gens prennent le problème plus au sérieux », explique Isaac Dowah, un pasteur de Monrovia.

Dans son édition de lundi, un quotidien libérien titrait, à propos du deuxième tour des présidentielles entre l’ancienne politicienne Mme Sirleaf et le novice M. Weah : « Qualification Vs Popularity » (Qualification ou popularité).

Et c’est de cette manière que beaucoup de Libériens résument leur choix.

« George est un grand footballeur, mais il n’a pas les aptitudes techniques pour jouer sur le terrain politique », a indiqué l’agent de sécurité, Amos Siafa.

« Ellen a l’expérience acquise grâce à son longue expérience dans l’arène politique ».

Mais Shapah Sarnoh, un chômeur de 30 ans, considère que la participation de la Dame de fer à gestion du pays a été une mauvaise expérience étant donné le chaos dans lequel Liberia a plongé et il préfère l’inexpérience du « Roi George », même s’il n’a pas fait d’études poussées.

« Nous ne pouvons pas continuer à faire confiance à l’élite politique qui a dirigé ce pays pendant des années. Nous devons donner une chance à George, c’est une nouvelle équipe », a-t-il indiqué.

Agé de 39, M. Weah, qui a grandi en jouant pieds nus au football dans un bidonville de Monrovia avant de faire les beaux jours de grands clubs européens comme le Milan AC et Chelsea, a totalisé 28,3 pour cent des suffrages au premier tour.

Mme Sirleaf, une grand-mère de 66 ans qui pourrait devenir la première femme président d’Afrique, a, quant elle, recueilli 19,8 pour cent des voix.

Les deux candidats se sont engagés à rétablir l’eau et l’électricité, à scolariser un plus grand nombre d’enfants, à améliorer les services de santé et à combattre la corruption dans ce pays d’Afrique de l’ouest qui a connu deux années de paix, mais où tout reste à reconstruire.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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