« La Garde républicaine est dissoute », a indiqué le décret présidentiel signé vendredi et rendu public ce week-end. « Toutes les composantes humaines et matérielles de la Garde républicaine sont remis à la disposition de l’Armée de Terre ».
Pour certains analystes, cette décision démontre bien que Deby est sur la défensive.
« La décision de dissoudre [la Garde présidentielle] indique que le régime panique et que Déby, fin stratège militaire, ne se contente plus de limiter les dégâts mais applique désormais toutes les méthodes pour assurer sa survie », a déclaré Chris Melville du centre de recherche Global Insight, basé à Londres.
Au début du mois, le gouvernement tchadien a reconnu qu’une quarantaine de soldats a déserté les rangs de l’armée à N’djamena, la capitale, et s’est réfugiée à l’est du pays.
Le nombre exact des déserteurs demeure inconnu, mais selon un site Internet de l’opposition, ils seraient environ 600. Yaya Dillo Djerou, qui se présente comme le chef du groupe des déserteurs, a déclaré la semaine dernière à IRIN que son mouvement comportait davantage d’hommes, mais n’a pas souhaité donner de chiffre précis.
Le mouvement, baptisé le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (SCUD), a rejeté les tentatives du gouvernement d’entamer des négociations, affirmant qu’il voulait qu’un certain nombre de revendications soient satisfaites au préalable.
Djerou a également exprimé son mécontentement vis-à-vis de la composition de la délégation venue à la rencontre des déserteurs et qui, selon lui, n’était pas officielle.
Le gouvernement tchadien a continuellement minimisé les désertions, affirmant que l’armée régulière contrôlait parfaitement la situation. La semaine dernière, il a affirmé avoir délogé les mutins en les chassant vers le Soudan voisin.
Mais selon l’analyste Melville, la décision de Déby équivaut à un aveu que ces désertions sont un sérieux problème.
« La garde présidentielle est la dernière défense d’un dirigeant », a-t-il déclaré. « Sa dissolution est un développement très alarmant ».
Incorporer les membres de la garde présidentielle dans l’armée nationale pourrait sans doute le mettre à l’abri de l’influence des déserteurs, a expliqué Melville. Mais il est également possible que des membres de la Garde dissoute, mécontents, décident à leur tour de déserter.
Déby, qui a pris le pouvoir en 1990 à la faveur d’un coup d’Etat, doit faire face aux tensions existant au sein de ses forces armées. Ainsi, selon le gouvernement, ce sont notamment des membres de la Garde républicaine qui ont fomenté la tentative de coup d’état de mai 2004.
L’est du Tchad - où les déserteurs se sont regroupés - a été déstabilisé par les retombées du conflit qui sévit dans le Darfour voisin, à l’ouest du Soudan, depuis deux ans, et qui s’est révélé être un véritable casse-tête pour Déby.
Les combats du Darfour opposent le gouvernement soudanais - qui a facilité l’ascension de Déby au pouvoir - à des rebelles qui appartiennent au même groupe ethnique que le chef d’Etat tchadien.
Plusieurs officiers tchadiens ont critiqué le chef d’Etat pour le peu de soutien accordé aux Zaghawas du Darfour dans leur combat contre le pouvoir soudanais et les milices qui l’appuie.
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