1. Accueil
  2. West Africa
  3. Senegal

Dakar et Banjul enterrent la hache de guerre

Le Sénégal et la Gambie ont annoncé vendredi la fin du contentieux qui les opposait et qui, ces deux derniers mois, a désorganisé le commerce et les voyages transfrontaliers entre les deux pays.

Au terme de la réunion qui s’est tenue lieu à Dakar, la capitale du Sénégal, Abdoulaye Wade, le président du pays d’accueil, Yahya Jammeh, son homologue gambien, et Olusegun Obasanjo, qui a supervisé les pourparlers, ont annoncé que les deux voisins avaient réussi à surmonter leurs différends et travailleraient désormais ensemble.

« Nous sommes restés trop longtemps sans nous parler », a déclaré M. Jammeh, après la réunion. « Des problèmes, il y en a et il y en aura mais il faut le dialogue pour trouver des solutions ».

La Gambie, un pays anglophone d’à peine 35 km de large et 300 km de long, est situé à l’intérieur de son large voisin francophone. Il sépare le nord aride du Sénégal de la région tropicale de la Casamance, au sud du pays.

Suite à la décision unilatérale des autorités gambiennes au mois d’août de multiplier par deux le prix de la traversée du fleuve Gambie, l’itinéraire le plus rapide pour voyager entre le nord et le sud du Sénégal, des camionneurs sénégalais en colère ont bloqué les passages à la frontière, préférant faire un détour et emprunter des routes défoncées pour contourner la république de Gambie.

Et bien qu’en début de mois la Gambie avait annoncé une réduction de 15 pour cent des tarifs annoncés, le blocus a été maintenu et les tensions entre les deux pays ont persisté.

Mais vendredi, la Gambie a consenti à baisser les coûts de la traversée du fleuve par le bac, une réduction satisfaisante pour les deux parties, et accepté le principe de la construction d’un pont reliant les deux pays. Grâce à ce pont, les autorités sénégalaises ne seront plus à la merci d’une décision unilatérale de la Gambie d’augmenter les tarifs du bac qui, selon M. Jammeh, a joué un rôle dans le contentieux entre les deux pays.

« Nous n’avons pas notifié au gouvernement du Sénégal que nous envisagions augmenter les tarifs du bac ; les autorités sénégalaises, quant à elles, n’auraient pas dû fermer la frontière », a-t-il déclaré.

Le Sénégal, pour sa part, lèvera les blocus dont les conséquences commerciales ont été ressenties bien au-delà de la frontière des deux belligérants puisqu’ils ont également affecté des pays voisins comme la Guinée-Bissau dont la plupart des produits alimentaires et de textile sont importés du Sénégal et de la Gambie.

« J’ai demandé au Premier ministre d’informer les douaniers qu’ils peuvent autoriser à nouveau la circulation des marchandises », a déclaré Wade, dont le gouvernement avait pourtant initialement affirmé que le blocus était une action spontanée des syndicats des transporteurs. « Il ne doit y avoir aucune entrave à la libre circulation des personnes et des biens ».

Malgré les concessions et les paroles aimables échangées, le problème pourrait cependant perdurer.

« On ne peut pas s’attendre à ce que tout soit résolu en un seul jour », a déclaré M. Obasanjo, qui a été nommé le mois dernier comme médiateur dans le contentieux sénégambien par les 15 membres de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). « Il faudra encore quelques réunions de travail entre les deux gouvernements ».
Le gouvernement de la Gambie avait déjà accepté le principe de la construction d’un pont, mais à chaque fois, comme cela a été le cas en 2003, le projet n’a pas abouti.

Début octobre, le ministre sénégalais des affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio avait déclaré que le différend au sujet du bac ne représentait qu’une infime partie d’un problème permanent et bien plus important entre les deux pays qui, malgré des expériences coloniales différentes, ont en commun une religion, des groupes ethniques et une langue.

Ces liens naturels qui ont mené à la création de la Confédération de la Sénégambie durant un bref moment dans les années 1980 ont constitué le thème central des entretiens de vendredi, ce qui a tendu à minimiser l’impact de l’intervention nigériane.

«M. Obasanjo n’est pas venu en médiateur. Entre le Sénégal et la Gambie, on n’a pas d’intermédiaire. »

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join