« Au lieu de les garder en prison, il est plus productif de leur faire faire des travaux d’intérêt général », a fait savoir jeudi Emmanuel Twagirumukiza, l’officier chargé de superviser ces travaux.
Les autorités rwandaises désignent par « travaux d’intérêt général » tous les services effectués pour le bien de la communauté. Cela implique la construction de maison pour les survivants du génocide, dont les maisons ont été détruites ou brûlées pendant les massacres.
Le premier groupe de condamnés, constitué de plus de 1 000 personnes, doit démarrer des travaux d’intérêt général dans la province centrale de Gitarama. Ces personnes ont été libérées après avoir avoué leur participation au génocide.
Les travaux d’intérêt général font partie des peines prononcées par les juridictions « Gacaca », qui ont été mises en place pour juger rapidement les milliers de personnes suspectées de génocide et détenues dans les prisons.
Les tribunaux Gacaca ont condamné les anciens détenus, dont la plupart ne pouvait pas réintégrer la prison car ils avaient déjà purgé la moitié de leur peine au moment de leur libération.
Emmanuel Twagirumukiza a annoncé que les prisonniers finiraient de purger leur peine en faisant des travaux d’intérêt général.
Parmi les détenus figurent des assassins, des personnes ayant planifié des meurtres et perpétré des crimes contre l’humanité, entre avril et juillet 1994, qui ont provoqué la mort d’environ 937 000 Tutsis et Hutus politiquement modérés.
Les principaux responsables du génocide sont quant à eux jugés par les tribunaux rwandais et doivent purger la totalité de leur peine dans des centres de détention.
« Cette initiative servira également à panser les plaies (psychologiques) des survivants, et à promouvoir la réconciliation », a déclaré Emmanuel Twagirumukiza.
Pendant les travaux d’intérêt général, les détenus planteront des arbres, s’adonneront à des activités agricoles pour fournir de la nourriture aux autres prisonniers, construiront des maisons pour les personnes en situation précaire, construiront des routes, accompliront d’autres tâches que le gouvernement jugera nécessaires.
Le Rwanda a récemment libéré jusqu’à 30 000 prisonniers, dont la majorité a avoué l’année dernière avoir participé au génocide.
En 2003, jusqu’à 24 000 prisonniers ont été libérés suite à un décret présidentiel qui prévoyait la libération des mineurs, des personnes âgées, des malades, et de celles qui couraient un risque en restant emprisonnées pendant une période plus longue que celle prévue par les sanctions judiciaires.
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