“Nous sommes arrivés à cette grève, par le fait que le gouvernement n’a voulu accorder aucune considération au cahier des doléances de notre centrale syndicale”, a déclaré à IRIN le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs maliens (UNTM), Siaka Diakité.
La grève, qui, selon les organisateurs, a été suivie à 90 voire 95 pour cent dans le pays, a paralysé une bonne partie de l’administration, bien que les services minima aient été assurés dans les secteurs de la santé, de l’énergie et des télécommunications.
Les négociations entre le gouvernement et l’UNTM, une centrale syndicale représentant quatre-vingts pour cent de fonctionnaires du pays, ont été interrompues la semaine dernière. L’UNM a alors mis a exécution la menace d’arrêt de travail qu’elle brandissait depuis le début du mois.
Une commission de réconciliation composée de responsables religieux et de hauts fonctionnaires à la retraite n’était pas parvenue à concilier les positions sur quatre des quatorze points de revendications soumis au gouvernement au mois de mai dernier.
Les points de désaccord sont d’ordre financier, comme on pouvait s’y attendre dans un des pays les plus pauvres de la planète.
Selon la Banque mondiale, près de 70 pour cent de la population malienne vit avec moins d’un dollar par jour et d’après l’indice de développement humain 2005 du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), le Mali est le quatrième pays le plus pauvres du monde devant le Burkina Faso, la Sierra Leone et le Niger.
Le gouvernement, pour sa part, évoque les mêmes problèmes de pauvreté pour rejeter l’augmentation de 37 pour cent des salaries actuels, demandés par le syndicat. Selon les autorités, les recommandations des organisations internationales vont plutôt dans le sens d’une réduction des dépenses de l’Etat, l’augmentation du prix du pétrole et la sécheresse actuelle étant des facteurs objectifs qui rendent la situation économique du pays très difficile.
M. Diakite, quant à lui, a insisté sur le fait que l’augmentation demandée était parfaitement raisonnable d’autant plus qu’elle correspondrait à peu près à la valeur d’un sac de riz.
“Dans ce pays, tout augmente sauf les salaires”, a fait remarquer un syndicaliste qui a souhaité gardé l’anonymat.
En temps normal, le Mali est un pays aride où un quart des enfants de moins de cinq ans sont malnourris. L’invasion acridienne catastrophique et la très faible pluviométrie qu’a connu le pays l’année dernière ont entraîné une forte augmentation du prix des denrées alimentaires de base, rendant ainsi encore plus difficile la situation alimentaire des 12 millions d’habitants que compte le Mali.
Mais Mahamadou Belem, membre de la deuxième centrale syndicale la plus importante du pays, confie qu’il n’approuve pas ce mouvement de grève. Selon lui, l’arrêt de travail intervient à un mauvais moment étant donné les problèmes actuels du pays.
Pour le gouvernement, la fin de la grève ne signifie pas nécessairement la fin des problèmes. L’ UNTM a fait savoir qu’elle évaluerait l’impact de la grève et déciderait des mesures à prendre.
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