Selon Alexander Pearl, de l’ONG Conservation International, près de 500 personnes ont été déplacées du parc national de Sapo vers le sud-est du Liberia dans le cadre d’un programme de cinq jours mené conjointement avec les casques bleus de l’ONU et le gouvernement.
Les combattants rebelles, ainsi que des civils fuyant les combats, avaient commencé à s’installer dans le parc quelques mois avant la fin du mois d’août 2003 qui marque la fin des quatorze années de guerre civile.
Beaucoup d’entre eux ont été attirés par la perspective d’exploiter les mines d’or du parc et par l’abondance du bois, une source de revenu substantielle. Et lorsque les provisions de vivre venaient à manquer, les différentes espèces animales de la faune protégée qui peuple le parc étaient souvent abattues pour procurer de la viande aux squatteurs.
"L’évacuation des occupants illégaux du parc national de Sapo est un début prometteur pour le contrôle durable de la réserve de la forêt nationale et de la faune protégée", a indiqué M. Pearl, le chef des opérations du groupe américain chargé de la protection de la nature au Liberia.
"Auparavant, le parc était incontrôlable", a-t-il confié vendredi dernier à IRIN. "Les occupant chassaient tous les animaux qu’ils rencontraient, creusaient la terre à la recherche d’or et créaient ainsi des trous béants tout autour du parc"
Début mars, la Mission des Nations unies pour le Libéria (MINUL) estimait à quelque 5 000 personnes le nombre d’occupants illégaux du parc. Pour M. Pearl, la majorité d’entre elles a quitté les lieux en fin août, avant le début de son programme.
Bien que certains occupants se soient opposés à ce programme, indiquant qu’ils préféraient mourir plutôt que de quitter le parc, l’opération s’est bien déroulée et il n’y a pas eu d’actes de violence, selon M. Pearl.
Ceux qui ont quitté le parc sont allés à Zwedru et à Greenville, deux grandes villes de l’Est, et à Monrovia, la capitale, à quelque 300 kilomètres à l’ouest, a-t-il ajouté.
Le parc national de Sapo, qui se situe dans le comté de Sinoe, a été crée en 1983 et abrite de nombreux léopards, des éléphants, des hippopotames nains et des chimpanzés. Avec près de 700 km2, c’est l’un des plus grands espaces de forêt protégée de la sous-région.
Selon Eugène Wilson, le responsable de l’agence de développement forestier du Liberia, le gouvernement a pris une série de mesures pour régler définitivement le problème des squatters du parc de Sapo.
"Je peux vous affirmer que nous contrôlons entièrement le parc national de Sapo, que nos gardes forestiers y sont déployés et qu’aucune personne non autorisée ne peut y entrer", a expliqué Wilson.
Le gouvernement de transition du Liberia cherche à reconquérir des lopins de terre tel que celui de Sapo afin de les soustraire aux bandes de jeunes armés qui contrôlent certaines ressources naturelles telles que l’or, le caoutchouc et les diamants.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé un embargo sur les exportations de bois et de diamants, mais selon les autorités, le trafic continue.
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