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L'Afrique du sud met fin à sa médiation et fustige l'attitude de la rébellion et de l'opposition

[South Africa] President Thabo Mbeki ANC
Zimbabwe mediator - former South African President Thabo Mbeki

Fustigeant l’attitude de la rébellion et des parties de l’opposition, l’Afrique du sud a indiqué mardi qu’elle mettait fin à sa médiation dans la crise ivoirienne et qu’il revenait désormais aux Nations unies de décider si les élections, censées rétablir la paix en Côte d’Ivoire, pourraient avoir lieu le 30 octobre.

« Nous avons rempli notre mission et passons désormais le relais à l’Union africaine et aux Nations unies », a confié à IRIN Lesoana Makhanda, un membre de l’équipe de médiation sud-africaine basée à Abidjan.

L’Union africaine avait confié à l’Afrique du sud une mission de médiation afin de mettre un terme à la crise ivoirienne après les violents incidents de novembre dernier. La Côte d’Ivoire est coupée en deux - le sud, sous contrôle des forces gouvernementales et le nord, occupé par les rebelles – depuis plus de trois ans. Quelque 10 000 casques bleus et soldats français de la force Licorne sont déployés dans la zone confiance qui sépare les positions des deux belligérants.

L’organisation de nouvelles élections sont au cœur du plan de paix élaboré par la communauté internationale, mais jusqu’à présent très peu de progrès ont été accomplis en vue d’atteindre cet objectif.

A deux mois du scrutin présidentiel prévu en octobre prochain, le fichier électoral n’a toujours pas été mis a jour, la Commission électoral censée superviser les élections n’est pas créée et le chronogramme du processus de désarmement est devenu caduque.

Au cours du point de presse qui s’est tenu mardi à Pretoria, le vice-ministre des Affaires étrangères sud-africain Aziz Pahad a fustigé l’attitude de l’opposition ivoirienne et de la rébellion, les accusant d’être responsables de l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix.

« S’ils ne trouvent pas une solution, la situation n’ira qu’en s’aggravant et nous pensons que la Côte d’Ivoire basculera dans un autre cycle de violence et de tragédie », d’après M. Pahad, dont les propos sont repris par l’agence de presse Reuters.

« Il n’y a plus aucune raison pour que l’opposition refuse de s’engager dans le processus électoral et de participer à des élections démocratiques qui permettront, pour la première fois en Côte d’Ivoire, d’avoir un gouvernement capable de résoudre les problèmes auxquels le pays est confronté", a-t-il indiqué.

La semaine dernière le mouvement rebelle des Forces nouvelles avait déclaré que les élections n’auront pas lieu sur leur territoire parce que les conditions n’étaient pas réunies pour organiser un scrutin libre et juste.

Les rebelles et les principaux partis de l’opposition ivoirienne demandent la démission du président Laurent pour permettre à un gouvernement de transition d’organiser des élections à une date ultérieure.

« (Nous) demandons la mise en place d’un organe de transition », a indiqué lundi Alphonse Djédjé-Mady, porte-parole de la coalition des partis de l’opposition, lors d’une conférence de presse. « Il est évident qu’il sera techniquement et matériellement impossible d’organiser des élections présidentielles en octobre 2005 ».

Le camp Gbagbo n’a pas réagi à ces propos. En revanche, le président avait fait savoir, depuis le début de l’année, que si les élections n’avaient pas lieu le 30 octobre, il se maintiendrait au pouvoir jusqu’à ce qu’un nouveau chef d’Etat soit élu.

Les élections auront-elles lieu à la date fixée ?

Les Nations unies s’en tenaient jusqu’à présent à la date du 30 octobre pour l’organisation de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Mais le week-end dernier, Antonio Monteiro, le représentant des Nations unies chargé de superviser les élections en Côte d’Ivoire, a laissé entendre qu’il était plus important d’organiser le scrutin dans de bonnes conditions, que de respecter la date fixée pour l’élection.

« La date de l’élection n’est pas très importante. Ce qui importe, c’est de créer un environnement favorable à des élections démocratiques justes et libres, acceptables par tous les partis », a déclaré M. Monteiro sur Radio France Internationale.

La plupart des diplomates en poste à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, indiquent en privé, depuis des semaines, qu’il sera impossible d’organiser un scrutin crédible le 30 octobre.

Tous les regards se tournent désormais vers le Conseil de sécurité de l’ONU qui doit recevoir mercredi les conclusions de l’équipe de la médiation sud-africaine.

« La résolution du Conseil de sécurité laissait comprendre implicitement que des sanctions seraient prises à l’encontre de tous ceux qui bloqueraient la mise en œuvre des accords de Linas-Marcoussis," a rappelé mardi le vice-ministre Pahad.

Des sanctions individuelles telles que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs ont déjà été approuvées par le Conseil de sécurité qui a choisi de retarder leur application pour donner plus de temps à la médiation sud-africaine.

Selon certains diplomates, ces sanctions pourraient désormais s’appliquer non seulement à l’encontre ceux qui bloquent le processus de paix, mais aussi à l’encontre de tous ceux qui ont se sont rendus coupables de violation des droits de l’homme, de l’embargo sur les armes et d’incitation à la haine.

« La menace des sanctions pèse depuis longtemps, et puisqu’il est clair que l’échéance du 30 octobre ne sera pas respectée, il est temps de les appliquer » a confié mardi à IRIN un diplomate en poste à Abidjan. « Je pense que les rebelles ont peut-être été très clairs sur leur refus d’avancer dans le processus de paix ».

Le porte-parole de la rébellion Sidiki Konaté a indiqué à IRIN que leur leader, Guillaume Soro, avait adressé un courrier au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans lequel il expliquait les raisons pour lesquelles le scrutin d’octobre n’aurait pas lieu. M. Konaté a toutefois écarté le sujet sur les sanctions.

« Les Forces nouvelles n’ont rien fait contre le processus de paix. Nous sommes parties prenantes dans le processus de paix. Je ne vois donc pas pourquoi des sanctions nous seraient imposées », a indiqué Konaté au cours d’une conversation téléphonique.

Pour un autre diplomate occidental, l’imposition des sanctions pourrait rendre les belligérants plus intransigeants.

« Ils pourraient avoir l’impression d'être mis au ban de la communauté internationale », a expliqué le diplomate. « Cela pourrait avoir de sérieuses conséquences et je ne pense pas que l’ONU voudrait pendre ce risque ».


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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