A l’occasion d’un discours prononcé à Abuja jeudi dernier, M. Obasanjo a reconnu pour la première fois que de graves violations des droits de l’homme avaient été commises par les forces de sécurité, confirmant ainsi les conclusions de la commission des droits de l’homme des Nations unies et des associations de défense des droits de l’homme.
« Ces violations concernent notamment les exécutions extrajudiciaires, les tortures et la détention illégale de personnes », a déclaré M. Obasanjo à l’occasion de l’ouverture du forum sur les droits de l’homme organisé par la police.
Selon M. Obasanjo, ancien chef d’Etat militaire dans les années 70, l’histoire du Nigeria a été émaillée de coups d’Etat et de violations des droits les plus fondamentaux des citoyens commises par les forces de sécurité.
Mais M. Obasanjo a promis de prendre des mesures idoines pour résoudre notamment le tout dernier incident dans lequel des agents ont été accusés d’avoir exécuté six personnes à Abuja en les faisant passer pour des auteurs de vols à main armée.
« Je voudrais saisir cette occasion pour rappeler que le gouvernement est déterminé à traiter le problème à la racine », a déclaré M. Obasanjo. « La loi sera appliquée dans toute sa rigueur à tous ceux qui seront impliqués dans ces crimes odieux ».
S’ils sont reconnus coupables, les six agents de police pourraient être condamnés à la peine capitale.
Dans un rapport publié le mois dernier par l’organisation humanitaire Human Rights Watch, basée à New York, la torture et les exécutions sommaires de suspects par les agents de police sont une pratique courante au Nigeria et restent généralement impunies.
Selon un expert du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme qui s’était rendu au Nigeria le mois dernier, la police utilise couramment le prétexte de vol à main armée pour détenir des personnes et leur extorquer de l’argent. La police est aussi accusée de faire un usage excessif de la force qui entraîne souvent la mort des détenus, a ajouté l’expert.
Les autorités policières ont défendu le gouvernement de M. Obansajo et réfuté, comme l’a fait le ministre de l’Information, M. Frank Nweke, les allégations selon lesquelles la torture est une pratique courante dans les commissariats de police.
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