1. Accueil
  2. West Africa
  3. Nigeria

La torture n'est pas une pratique répandue au sein de la police - les autorités nigérianes

Les autorités nigérianes ont rejeté les accusations de Human Rights Watch (HRW) selon lesquelles la pratique de la torture est répandue et impunie au sein de la police, et ont indiqué que la mise en œuvre des réformes en cours est difficile, en raison des nombreuses dictatures militaires qui se sont succédées au Nigeria.

Le ministre nigérien de l’Information, Frank Nweke, a vivement critiqué le rapport HRW, « Rest in Pieces », publié mercredi dernier, dans lequel l’organisation explique que la torture est une pratique courante au sein de la police ; ces actes sont souvent commis avec le consentement de la hiérarchie policière et entraînent généralement la mort des détenus.

« Le gouvernement peut affirmer, sans risque d’être contredit, que la torture n’est pas une pratique courante au Nigeria », a déclaré Nweke à la presse présente à Abuja.

Nweke a émis quelques réserves sur l’authenticité des sources du document de HRW, estimant que l’organisation “a décrit de faits concernant quelques individus non identifiés qui prétendent avoir été brutalisés par la police nigériane.”

Or, selon HRW, le rapport se base sur 50 interviews de victimes ou de témoins d’actes de torture.

Les personnes interrogées ont décrit à l’organisation quelques cas de tortures où les agents de police lient les pieds et les mains du détenu, le suspendent au plafond ou à une barre par les mains ou les pieds, le battent avec des objets métalliques ou en bois ; il leur arrive aussi de vaporiser des gaz lacrymogènes sur le visage du détenu, de violer ou de faire subir des violences sexuelles aux femmes détenues, d’envoyer des décharges électriques sur le pénis du prisonnier, de tirer à balle réelle sur ses pieds ou ses jambes, de le lapider ou de le priver de nourriture et d’eau.

Selon Nweke, le gouvernement a initié un important programme de réforme du système judiciaire. Mais la mise en œuvre d’un tel programme est difficile dans un pays comme le Nigeria, où la démocratie n’a été rétablie qu’en 1999, après 16 années de régime militaire, a-t-il expliqué.

« Human Rights Watch doit se rendre compte que pour un pays qui a vécu sous une dictature militaire pendant si longtemps, la réforme d’une institution comme la police est une tâche qui, bien que difficile, doit être menée jusqu’au bout », a indiqué Nweke.

Mais pour HRW, le gouvernement du président Olusegun Obasanjo n’en fait pas assez pour éradiquer la “culture de la violence” au sein des forces de police. Cette culture est “un héritage de la puissance coloniale et des régimes militaires successifs qui ont utilisé la police comme un moyen de contrôle et de répression ”.

Nweke a cependant tenu à défendre la politique d’Obasanjo.

« Le président Obasanjo a prouvé à maintes reprises qu’il est déterminé à faire prévaloir le droit et le respect de l’Etat de droit », a expliqué M. Nweke.

« Toutes les exactions commises par des éléments des forces de l’ordre et rapportées aux autorités ont fait l’objet d’une enquête et les coupables ont été traduits en justice », a-t-il indiqué.

Le rapport du HRW présente les récits de deux étudiantes qui disent avoir été violées par trois agents de police, dont l’adjoint au commissaire.

Dans un autre cas, un jeune homme de 23 ans arrêté pour un prétendu vol a indiqué que la police lui aurait introduit une brindille de balai dans son pénis jusqu’à ce qu’il saigne, puis elle lui aurait bandé le yeux en utilisant un linge imprégné de poudre de gaz lacrymogène.

Le rapport, qui contient 76 pages, présente également des cas de tortures et de traitements inhumains infligés aux activistes politiques qui revendiquent une plus grande autonomie en faveur de certains groupes ethniques, régionaux ou religieux.

« Dans ces cas, le recours à la violence vise à les punir pour leur appartenance à des groupes qui menacent ou s’en prennent à la politique de l’Etat ou du gouvernement fédéral », note le rapport.

Le HRW recommande au gouvernement nigérian que les commissariats lui fournissent périodiquement un rapport sur les plaintes déposées pour mauvais traitements, notamment celles concernant les cas de tortures, de meurtres ou d’extorsions de fonds. Ce document devra également indiquer la procédure mise en place pour assurer le suivi de ces plaintes et ces informations devront être portées à la connaissance du public.

Par ailleurs, les bailleurs devront conditionner l’aide financière, la formation et toute autre forme d’assistance apportées aux organismes chargé de l’application de la loi à la mise en place de mesures concrètes permettant de lutter contre la torture et de mettre fin à l’impunité, a indiqué le HRW.

En juillet, un expert de la Commission des droits de l’homme des Nations unies a indiqué que la police nigériane utilisait souvent comme prétexte le délit de vol à main armée pour maintenir des individus en détention et leur extorquer de l’argent. L’usage excessif de la force est aussi reproché à la police, car il est souvent à la cause de la mort du détenu, a conclu l’expert.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join