« Nous avions prévu 4 000 hommes mais pour l’instant, nous visons un nombre de 2 000 », a déclaré mercredi à IRIN Joe Wylie, le vice-ministre de la défense.
Cette année, les autorités américaines s’étaient engagées à consacrer 35 millions de dollars américains au recrutement et à la formation d’une armée de 4 000 soldats. Washington avait déclaré avoir signé un contrat avec DynCorp International, une société de sécurité privée. Mais ces projets ont maintenant été revus à la baisse.
« D’après l’analyse budgétaire du gouvernement libérien, ils nous ont dit qu’ils étaient en mesure de constituer une armée de 2 000 hommes », a déclaré à IRIN mardi Ryan McMullen, l’attaché militaire de l’ambassade américaine à Monrovia.
« Voilà ce que gouvernement des Etats Unis peut se permettre... Il est disposé à recruter, équiper et former une nouvelle armée libérienne de 2 000 hommes », selon Ryan McMullen.
La sécurité au Liberia, un pays qui se remet péniblement après 14 ans de guerre civile, repose actuellement sur les 15 000 casques bleus de la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL).
Près de deux ans après la fin de la guerre dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, beaucoup de Libériens craignent encore que le départ des casques bleus ne précipite à nouveau le pays dans le chaos.
Interrogé sur les capacités d’une petite armée à maintenir la paix et à défendre les frontières perméables du Liberia, McMullen s’est montré optimiste.
« Je suis convaincu qu’une armée bien entraînée, bien équipée et disciplinée peut faire face à n’importe quelle menace à la sécurité nationale », a-t-il déclaré.
« Ca ne sert à rien de constituer une armée qui ne peut pas être financée. Les soldats ont besoin d’être entraînés et payés, et l’équipement doit être entretenu. Tout cela coûte beaucoup d’argent et si le gouvernement n’a pas les fonds nécessaires, cela peut causer toute sorte de problèmes », a-t-il ajouté.
A Monrovia, il y a deux semaines à peine, des soldats de l’ancienne armée libérienne, qui est en cours de démantèlement, se sont livrés à des actes de vandalisme. Certains d’entre eux ont pillé leur propre caserne pour protester contre le non paiement de leur soldes, d’autres ont jeté des pierres et des objets métalliques en direction du ministère de la défense.
Wylie avait déclaré alors que le gouvernement n’avait pas encore versé leurs indemnités de départ aux soldats de carrière ni à ceux qui avaient été recrutés au plus fort de la guerre civile de 1989-2003. La somme totale s’élevait à quelque 15 millions de dollars libériens (267 000 dollars libériens).
Selon McMullen, les autorités libériennes ont 90 pour cent des fonds dont elles ont besoin pour entamer le processus de démobilisation, de recrutement et de formation des nouvelles forces armées nationales. Il s’est toutefois abstenu de préciser le montant exact.
Selon le représentant américain, la démobilisation des anciens soldats doit commencer jeudi et durer environ 45 jours. Une fois la démobilisation terminée, le recrutement de nouveaux soldats pourra débuter.
« Nous procèderons au recrutement et à l’entraînement des soldats par groupe de 300 environ. La formation durera entre 12 et 16 semaines. Nous espérons que d’ici à janvier, le premier groupe de 300 soldats aura été formé », a déclaré McMullen.
Le premier groupe de soldats serait donc opérationnel à peu près au moment de l’arrivée au pouvoir du prochain gouvernement libérien élu démocratiquement. Quelque 1,3 millions de Libériens sont en effet appelés à voter le 11 octobre prochain pour élire un nouveau président et un nouveau parlement.
Selon McMullen, la formation des 2 000 soldats se fera sur une période de deux ans.
Néanmoins, il a déclaré, en accord avec l’adjoint au ministre de la défense libérien, que d’autres soldats pourraient être recrutés si le gouvernement parvenait à obtenir des fonds supplémentaires.
« Si nous parvenons à mobiliser des fonds avant l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, nous essaierons de recruter 2 000 hommes supplémentaires », a déclaré Wylie.
Le Liberia ne possède pas une armée officielle depuis que la guerre civile a éclaté, en 1989, lorsque les forces de Charles Taylor ont lancé une offensive pour renverser Samuel Doe, l’ancien président.
Au cours du conflit, il y a eu plusieurs propositions de restructuration de l’armée libérienne mais aucune n’a abouti.
Selon l’accord de paix d’Abuja, qui avait conduit à une interruption du conflit en 1996 puis à des élections en 1997, la Force ouest-africaine de paix (ECOMOG) devait former une nouvelle armée nationale, constituée selon un principe de représentation ethnique et géographique égalitaire.
Mais Taylor, qui a remporté les élections de 1997, s’y est opposé, affirmant que la restructuration était du seul ressort du gouvernement élu. Un an plus tard, son gouvernement a établi une commission qui a recommandé la constitution d’une nouvelle armée de 6 000 soldats. Mais la proposition n’a jamais été concrétisée.
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