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Avis aux candidats à la présidence : Bryant ne tolèrera pas les sacrifices humains

Gyude Bryant, le président libérien par intérim, a averti les candidats à la présidence qui seraient tentés de vouloir optimiser leurs chances en se livrant à des sacrifices humains qu’ils seraient executés s’ils étaient découverts.

« Si vous croyez que vous pouvez tuer quelqu’un en toute impunité pour être chef de l’Etat, président de l’Assemblée ou sénateur, vous vous leurrez », a déclaré Bryant mardi lors d’une conférence de presse qui avait suivi une succession de sacrifices humains dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest.

« Si vous êtes découvert et si l’on a la preuve de votre culpabilité [...], je signerai l’ordre d’exécution sans hésitation sans état d’âme », a-t-il poursuivi.

« Mon peuple ne peut pas continuer à vivre dans la peur. Si vous voulez des cadavres pour devenir chef de l’Etat, président de l’Assemblée ou sénateur, laissez mon peuple tranquille ! Vous ne pouvez pas l’utiliser pour obtenir ce que vous cherchez ».

Au Liberia, le « Gboyo » est une pratique ancestrale qui consiste à sacrifier des êtres humains afin que certaines parties de leur corps puissent être retirées et présentées en offrandes pour apporter pouvoir, richesse et succès. Pendant les périodes pré-électorales, on observe fréquemment une recrudescence de ces sacrifices rituels.

Les elections présidentielles et parlementaires, prévues pour le 11 octobre prochain, sont décisives car elles doivent marquer le retour à la démocratie au Liberia, après 14 ans de guerre civile. Jusqu’à présent, quelque 50 personnes ont déclaré qu’elles se présenteraient.

Bryant, qui préside le gouvernement de transition formé à la suite de l’accord de paix d’août 2003, a déclaré que les autorités n’hésiteraient pas à arrêter et à poursuivre en justice toute personne impliquée dans un sacrifice rituel, quel que soit son statut.

« D’ailleurs, nous avons déjà procédé à l’arrestation de quelques personnes impliquées dans des sacrifices rituels et nous allons les poursuivre en justice », a expliqué le chef de l’Etat par intérim, sans plus de détails.

Toute personne reconnue coupable serait fusillée ou pendue, a-t-il ajouté.

La déclaration de Bryant suivait une série de rapports parus dans la presse libérienne au sujet de sacrifrices perpétrés dans tout le pays, du comté de Montserrado, où se situe Monrovia, la capitale libérienne, jusqu’à River Gee, dans le sud-est.

Le cas le plus récent évoqué dans la presse était celui d’un jeune garcon, dont le cadavre avait été retrouvé dans une plantation d’hévéa, dans le comté de Grand Bassa, à l’est de Monrovia. Les parties génitales de l’enfant avaient été retirées et son torse avait été fendu à coups de hache.

Bryant ne serait pas le premier président libérien à imposer la peine de mort contre les individus reconnus coupables de sacrifices humains.

A la fin des années 1970, le président William Tolbert avait signé l’ordre d’exécution de plusieurs membres du gouvernement accusés de s’être procuré des parties de corps humain en vue de se livrer à des rituels Gboyo.

Le problème des sacrifices rituels a resurgi en janvier, dans le comté de Maryland, dans l’extrême sud-est, dont est originaire Bryant lui-même.

Une horde de jeunes gens furieux armés de bâtons et de barres métalliques s’étaient introduits dans le commissariat de la ville portuaire de Harper pour passer à tabac un groupe de meurtriers présumés placés en détention. Un couvre-feu avait été imposé pendant toute la journée et la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) avait rapidement déployé des casques bleus supplémentaires dans la ville.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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