Huit juges de la Cour suprême canadienne ont décidé, à l’unanimité, d’extrader Mugesera, un résident de la ville de Québec depuis 1993, pour incitation à la haine, au génocide et au crime contre l’humanité, selon l’agence Presse Canadienne (PC). La plus haute instance judiciaire du Canada affirme qu’un nombre suffisant de preuves permet de croire que Mugesera a incité les Rwandais à participer au génocide de 1994.
Les accusations contre Mugesera reposent sur un discours qu’il a prononcé au Rwanda en 1992 au cours duquel il « a prétendument incité ses concitoyens hutus à exterminer leurs opposants tutsis », selon PC. Pour sa défense, Mugesera a affirmé que ses propos ont été mal interprétés et qu’il a seulement exhorté les Hutus à se défendre contre une agression tutsie.
Mugesera, marié et père de cinq enfants, était alors le conseiller du Président rwandais Juvenal Habyarimana, dont la mort, dans un accident d’avion en avril 1994, avait déclenché le massacre de Tutsis et de Hutus modérés.
Lors d’une entrevue pour Radio Rwanda, le procureur général rwandais a qualifié la décision de la cour canadienne d’avancée majeure en ce qui concerne les tentatives d’extradition des personnes impliquées dans le génocide de 1994, qui avait duré 100 jours et fait plus de 937 000 morts, selon le gouvernement rwandais.
En Belgique, Etienne Nzabonimana et Samuel Ndashyikirwa ont été reconnus coupables de génocide et de crime contre l’humanité, a annoncé la radio rwandaise mercredi. Les deux frères étaient accusés d’avoir pris part à des massacres dans la province nord-est de Kibungo. Ils sont aujourd’hui dans l’attente d’une condamnation.
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