Selon les estimations de la police, plus de 40 000 personnes protestaient mercredi après-midi sous le soleil écrasant du désert. L’organisateur de cet événement, le Parti républicain démocratique et social (PRDS) du président Maaouiya Ould Taya, annonçait un chiffre de près de 60 000 personnes.
Même les « cavaliers du changement », mouvement d’opposition généralement hostile au gouvernement, ont, à l’instar du président Ould Taya, condamné cet attentat.
Dans la foule, les hommes, vêtus de longues djellabas, se mêlaient aux femmes en costumes traditionnels aux couleurs chatoyantes, et chacun agitait sa pancarte. En parallèle, un programme de lutte contre le terrorisme vient d’être lancé cette semaine dans cinq pays d’Afrique de l’ouest, dont la Mauritanie. Ce programme, doté d’un budget de plusieurs millions de dollars, est organisé par les Etats-Unis.
Washington annonçait cette semaine que l’attentat perpétré le week-end dernier dans le nord-est de la Mauritanie illustrait la nécessité de mettre en œuvre un tel projet, qui couvrira dix pays et représentera un demi milliard de dollars sur cinq ans pour le contribuable américain.
Un groupe algérien connu sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) avait revendiqué l’attentat perpétré samedi dernier dans une caserne mauritanienne. Plus de quinze soldats y avaient trouvé la mort, certains par égorgement.
Selon le gouvernement américain, le GSPC serait lié au réseau Al-Qaeda, qui avait revendiqué les attentats du World Trade Centre, perpétré le 11 septembre 2001, à New York.
Le GSPC a par ailleurs déclaré que l’attentat était destiné « à venger [ses] frères de la violence qu’ils ont subie en prison ».
Depuis la mi-mars, le président Maaouiya Ould Taya a ordonné l’arrestation de plusieurs individus considérés comme des militants islamistes.
Néanmoins, les dirigeants religieux locaux ainsi que l’International Crisis Group, une cellule de réflexion sise à Bruxelles, affirment qu’Ould Taya se sert de la peur que suscite l’intégrisme islamique et le terrorisme mondial en Occident pour museler ses opposants politiques.
Par ailleurs, le gouvernement a autorisé mercredi dernier une trentaine de détenus islamistes à contacter leurs avocats pour la première fois depuis deux mois. Une démarche apparemment sans rapport avec la situation évoquée plus haut.
Selon Sall Amadou, président du tribunal, les détenus seront également autorisés lundi prochain à voir leur famille.
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