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Reprise des cours pour les enfants réfugiés togolais, mais dans un autre pays

A quelques semaines de la fin de l’année scolaire et du début de la période des examens, 1 600 enfants réfugiés togolais sont retournés à l’école lundi dans les camps d’hébergement installés au Bénin pour les réfugiés ayant fui les émeutes post-électorales au Togo.

Des élèves de tous âges, de la maternelle à la terminale, suivent les cours sur des nattes posées à même le sol dans des salles de classe de fortune érigées par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dans le camp de réfugiés de Lokossa, à 18 km de la frontière togolaise.

“L’éducation est le meilleur moyen de ramener une forme de normalité dans la vie de ses enfants” a estimé Philippe Duhamelle, représentant de l’UNICEF au Bénin. “Retourner à l’école va leur permettre de retrouver une vie plus structurée, rythmée par l’école et le jeu, ce qui devrait les aider à mieux surmonter les traumatismes qu’ils viennent de vivre”.

“Certains enfants ont, par exemple, été victimes ou témoins directs de violences”, a ajouté Duhamelle. “L’école va leur donner la possibilité de se reconstruire, de se projeter à nouveau dans l’avenir”.

Selon l’UNICEF, les enfants représentent près de 50 pour cent du nombre de réfugiés qui fui le Togo pour s’installer au Bénin, après le scrutin présidentiel très controversé du 24 avril dernier. Parmi ces enfants, près de 200 sont des mineurs séparés de leurs parents ou des mineurs accompagnés âgés de 9 à 17 ans.

Lundi matin, plus de 1 000 élèves ont été conduits dans les 14 salles de classe construites en bois et recouvertes d’une bâche en plastique dans le camp de Lokossa qui héberge près de 5 500 personnes.

500 autres enfants ont été inscrits dans les classes du camp de Comé, un centre d’accueil plus petit situé près de la frontière et qui héberge quelque 1 400 personnes. A Comé, les cours se déroulent dans le hall de la maison des jeunes et de la culture, et dans le bruit assourdissant des premières tornades tropicales.

De nombreuses personnes ont quitté le Togo pour se réfugier au Bénin et au Ghana depuis que les partisans de l’opposition sont descendus dans les rues pour protester contre l’élection en avril dernier de Faure Gnassingbe. Son père, l’ancien chef d’Etat togolais Gnassingbe Eyadema avait dirigé le pays pendant 38 ans jusqu’à son décès en février dernier. Pour la coalition des partis de l’opposition togolaise, le scrutin présidentiel du mois dernier a été entaché de nombreuses irrégularités et de fraudes massives.

A en croire certains diplomates, plus de 100 personnes ont été tuées pendant les émeutes qui ont éclaté après la proclamation des résultats du scrutin, alors que la ligue togolaise des droits de l’homme en dénombrait près de 800.

34 416 réfugiés ont été enregistrés au Bénin et Ghana a indiqué vendredi dernier l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Sur les quelque 20 000 personnes qui ont trouvé refuge au Bénin, près d’un tiers sont hébergés dans les camps de Lokossa et de Comé, deux sites gérés par le HCR, le reste des réfugiés ayant choisi de vivre chez des amis ou des parents.

Cinq semaines après la proclamation des résultats très controversés du scrutin présidentiel, près de 200 personnes quittent chaque jour le Togo pour échapper aux actes d’intimidation et de harcèlement commis par les forces de sécurité dans les bastions de l’opposition, ont indiqué des fonctionnaires des Nations unies.

Selon Rafick Saidi, représentant du HCR au Bénin, certains élèves réfugiés, en majorité des jeunes filles, sont rentrés la semaine dernière au Togo pour passer leur examen probatoire.

Mais de nombreux garçons sont revenus dans les camps parce qu’ils ont appris qu’ils étaient recherchés par la police, a-t-il indiqué.

L’UNICEF a lancé un appel de fonds de 395 000 dollars américains pour financer sur une période de six mois l’éducation des enfants hébergés dans les camps installés au Bénin. L’agence emploie 53 enseignants, tous réfugiés togolais, pour dispenser les cours dans les classes.

Ces fonds sont destinés aux 2 000 enfants des camps et serviront à couvrir les besoins scolaires de 2000 autres enfants réfugiés dans les communautés d’accueil.

Mais les programmes scolaires des deux pays sont différents.

Pour Ayéna Arouna, inspecteur de l’enseignement et consultant à l’UNICEF au Bénin, le programme scolaire des élèves de terminale n’est pas tout à fait le même au Bénin et au Togo. Et comme il y a eu des grèves au Bénin et que la date des examens a été repoussée, les élèves togolais auront suffisamment de temps pour rattraper leur retard avant les examens prévus en juillet prochain.

Pour Blandine Wakesso, 20 ans, c’est une bonne nouvelle.

“Nous sommes très contents de continuer les cours et de terminer l’année”, a-t-elle confié à IRIN. “Vu qu’il n’y a pas le probatoire au Bénin, quelque soit la situation, c’est ici que moi je passerai mon baccalauréat.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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