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Le rapatriement des réfugiés nigérians débute lundi

Le Cameroun, le Nigeria et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont signé un accord permettant le rapatriement de 10 000 nigérians réfugiés au Cameroun depuis trois ans pour échapper à des conflits ethniques.

"Nous planifions de commencer les opérations de rapatriement de 10 000 réfugiés désireux d'être rapatriés sur une population de 17 000 dès lundi 18 avril ", a déclaré vendredi à IRIN Jacques Franquin, Représentant du HCR au Cameroun.

L'opération de rapatriement s'étalera sur une période de huit mois, avec en moyenne 1 250 réfugiés rapatriés chaque mois, a ajouté Franquin.

Dans le même temps, le Cameroun est confronté à un nouvel afflux de réfugiés en provenance de la République centrafricaine.

Franquin, tout juste de retour d'une mission au Nord-Est du pays frontalier avec la Centrafrique, a déclaré que près de 3000 centrafricains de l'ethnie mbororo se sont réfugiés au Cameroun suite aux attaques perpétrées par d’anciens combattants qui ont aidé le président François Bozizé à accéder au pouvoir à la faveur d'un coup d'état en 2003.

D'après lui, les hommes en armes ont pourchassé les réfugiés au-delà de la frontière et perpétré des attaques sur le sol camerounais, y provoquant une grande insécurité et poussant 10 000 à 15 000 villageois camerounais à fuir leurs villages pour se réfugier dans des localités plus éloignées de la frontière.

D'après Joseph Noutsa, gouverneur de la province camerounaise de l'Adamaoua, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse Reuters, le gouvernement camerounais a envoyé des renforts dans la région où les anciens combattants centrafricains ont effectué une série d'attaques nocturnes dans et autour des villages de Djohong et Ngaoui, à 500 km au nord est de Yaoundé.

Noutsa a également déclaré que les assaillants continuaient de s'en prendre aux éleveurs mbororo en terre camerounaise, en les kidnappant et exigeant une rançon en raison de leur supposée richesse.

Le rapatriement des réfugiés nigérians a été annoncé à Yaoundé jeudi à l'occasion de la signature de l'accord tripartite entre les gouvernements camerounais, nigérian et le HCR.

Plus de 23 000 éleveurs fulanis s'étaient réfugiés au Cameroun suite à des affrontements qui les avait opposés à des communautés agricoles dans le plateau Mambila, dans l'état de Taraba, entre le 1er et le 7 janvier 2002, et provoqué la mort d'une centaine de personnes.

Certains réfugiés fulanis étaient retournés au Nigeria peu après les affrontements, mais la majorité avait choisi de demeurer au Cameroun.

C'est en juin dernier que le Nigeria s'est déclaré prêt à accueillir ses ressortissants, mais le HCR a choisi de s'assurer de la mise en place des infrastructures nécessaires à une opération de rapatriement ainsi que des bonnes dispositions des populations mambilas qui avaient chassé les fulanis avant de donner son accord définitif, a expliqué Franquin.

Une enquête menée l'année dernière auprès des réfugiés dans les districts de Banyo et Donga-Mantung, qui les accueillent, a montré que 60 pour cent des réfugiés étaient désireux de rentrer chez eux, selon Franquin.

C'est le sourire aux lèvres que Edwin Edobor, le haut commissaire du Nigeria au Cameroun, a apposé sa signature au document permettant le rapatriement des réfugiés.

"C'est mon plus beau jour depuis que je dirige la mission diplomatique du Nigeria au Cameroun,...la signature de cet accord enlève le dernier obstacle au rapatriement de mes réfugiés ," a-t-il déclaré à la presse.

"Je m'impliquerai personnellement pour qu'ils rentrent en toute sécurité et dans les meilleures conditions possibles".

"Je remercie le gouvernement camerounais pour son hospitalité et la population de l'Adamaoua pour avoir montré qu'ils sont les gardiens de leurs frères", a déclaré le haut commissaire.

Avec le départ échelonné des réfugiés nigérians, il restera au HCR Cameroun à s'occuper des 30 000 réfugiés urbains concentrés essentiellement à Yaoundé, capitale politique, et Douala, capitale économique du pays.

Ces derniers proviennent essentiellement du Tchad, de la République centrafricaine, de Guinée Equatoriale, de la République du Congo, de la République Démocratique du Congo, du Rwanda, du Burundi, du Liberia et de la Côte d'Ivoire.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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