1994 a dénoncé jeudi les meurtres, les harcèlements et les intimidations
dont ses membres sont victimes à la suite de leurs témoignages devant les
juridictions traditionnelles du pays, les 'Gacaca'.
Quatre membres de l'organisation, a rapporté Ibuka, ont été tués dans les
six derniers mois après avoir manifesté leur volonté de témoigner devant les 'Gacaca'. Les assassinats ont eu lieu dans la province de Gikongoro (sud-est) et dans la province de Gitarama (centre).
"Ces meurtres et ces harcèlements sont destinés à dissuader les survivants du génocide de témoigner devant les Gacaca," a affirmé Ibuka.
"Ces meurtres ont été planifiés et ont visé une partie de la population pour l'empêcher de parler," ont dénoncé, quant à eux, les survivants. "Nous condamnons ces actes et appelons les autorités à prendre des mesures."
Les survivants ont expliqué devoir parfois quitter leur habitation et
trouver refuge ailleurs en raison des pressions subies.
La justice pour les rescapés du génocide n'a pas réussi son travail, près de 10 ans après les faits où près de 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués.
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été critiqué par les survivants pour sa lenteur.
Le TPIR a été créé le 8 novembre 1994 par la résolution 955 du Conseil de
sécurité, à la suite du génocide. Il est compétent pour juger les personnes
présumées responsables d'actes de génocide ou d'autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda. Sa compétence s'étend aux citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d'Etats voisins entre le premier et le 31 décembre 1994. Le tribunal siège à Arusha en Tanzanie.
Des nouvelles juridictions, les 'Gacaca', ont été par ailleurs créées, il y a deux ans. Elles couvrent depuis mars 2002 toute l'étendue du territoire national.
Les cours de 'Gacaca' ont été établies pour suppléer les tribunaux rwandais classiques afin d'accélérer les procès d'environ 85.000 personnes suspectées de génocide, actuellement en prison.
Les juridictions de 'Gacaca' n'appliquent pas les standards internationaux en matière judiciaire mais sont toutefois perçues comme un mécanisme permettant la réunification et la réconciliation d'une population divisée par le génocide.
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