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Les magistrats sont en grève

Les magistrats de la République Démocratique du Congo (RDC) ont entamé jeudi une grève illimitée à la suite de l'appel du syndicat autonome des magistrats congolais (Synamac).

Les 1.700 magistrats de la RDC réclament l'indépendance du pouvoir judiciaire et l'amélioration de leurs conditions de travail.

"Tous les Congolais attendent l'établissement de l'état de droit. C'est dans ce cadre que nous exigeons l'indépendance des trois pouvoirs traditionnellement reconnus et en l'occurrence, celle du pouvoir judiciaire. Nous demandons aussi l'augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail des magistrats," a déclaré à l'IRIN le président du Synanmac, Sambayi Mutenda Lukusa, également président de la Cour d'appel de Gombe (près de Kinshasa, la capitale) et du tribunal de commerce.

Selon lui, la grève est suivie sur presque la totalité du territoire congolais.

"Nos revendications sont restées vaines. Le gouvernement ne semble pas vouloir les prendre en compte. Les magistrats congolais touchent l'équivalent de 10 à 20 dollars américains par mois. En plus, ils ont des arriérés de deux mois," a-t-il encore ajouté.

Le ministre de la justice, Kisimba Ngoy a, quant à lui, condamné ce mouvement de grève.

"Le groupe restreint des meneurs de la grève ne doit pas entraîner les autres magistrats. Ce qu'ils font n'est que de l'agitation et de la subversion, car au regard de la loi, les magistrats n'ont pas le droit de faire grève. Ce serait comme si les ministres, le président de la République, les policiers ou les militaires se mettaient aussi en grève," a-t-il déclaré à l'IRIN.

Il a rappelé, par ailleurs, que le gouvernement de la transition avait déjà décidé de majorer les salaires et d'améliorer les conditions de travail des magistrats.

"Le gouvernement vient juste d'être installé et ce n'est pas nous qui avions décidé de les payer 20 dollars," a précisé Ngoy.

Les magistrats travaillent souvent dans des conditions difficiles dans des bureaux peu soignés. Ils sont aussi parfois suspectés d'être corrompus. 375 d'entre eux avaient ainsi été révoqués, sans être entendus, pour ce motif en 1998. Les ONG de defense des droits de l'Homme avaient alors dénoncé ces mesures en les qualifiant de licenciements abusifs.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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