"Bien que les conditions se soient stabilisées à Monrovia ces derniers jours, des rapports faisant état d'échauffourées entre les forces du gouvernement et des rebelles à l'intérieur du pays, forcent les agences de secours à réexaminer les dispositions de sécurité, et à exercer une extrême prudence en voyageant hors de la capitale," a expliqué le PAM dans un communiqué.
L'agence a précisé que la distribution alimentaire continuerait autour et à l'intérieur de la capitale Monrovia, où vivent environ 120,000 déplacés libériens dans plus de 8 camps, et qu’une force de plus de 4,000 soldats veillait à la sécurité.
Cependant la décision du PAM signifie une fin temporaire de distribution de nourriture à 32,000 personnes déplacées à Buchanan, la seconde ville du Liberia située à 120 km au nord-est de Monrovia, et à environ 90,000 autres réfugiés près de Salala et Totota, au nord de la capitale.
L'agence qui a relancé les activités de distribution de nourriture au Liberia après un accord de paix signé le 18 août, mettant fin à 14 années de guerre civile, a spécifié qu'elle reprendrait ses opérations à l'intérieur une fois les échauffourées arrêtées.
Les affrontements ont principalement opposé les soldats du gouvernement et les combattants du groupe rebelle des Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie (LURD), dans les contés de Bomi, Bong et Grand Cape Mount, dans un rayon de 150 km autour de Monrovia.
Les échauffourées ont également eu lieu entre les troupes gouvernementales et les combattants d'un second groupe de rebelles, le Mouvement pour la Démocratie au Liberia (MODEL) autour de Buchanan.
L'accord de paix d'août a conduit à l'installation d'un gouvernement transitoire de large ouverture, qui administrera le Liberia jusqu'à l'organisation de nouvelles élections en octobre 2005. L'homme d'affaires Gyude Bryant a prêté serment mardi, en tant que premier responsable de cette nouvelle administration. Il négocie actuellement la formation d'un gouvernement de large ouverture qui sera dominé par les représentants des 3 parties en guerre.
Le PAM a fait remarquer qu'il lancerait sous peu un projet de nourriture-contre-travail qui apporterait une assistance à 51,000 personnes dans le mois. Cela aiderait la population à retourner dans les champs et la récompenserait pour la réhabilitation des écoles et cliniques, la réparation des routes , et à travailler sur les projets d'eau, a ajouté l'agence.
" Il est vital que la population libérienne devienne indépendante et joue un rôle actif dans la reconstruction de son pays et de l'économie," a estimé Justin Bagirishya, le Représentant du PAM au Liberia, au cours d'une conférence de presse prononcée mercredi à Monrovia.
"La nourriture-contre-travail est un moyen effectif pour le PAM et ses partenaires de les aider à le faire," a indiqué Bagirishya.
Dans l'intervalle, plus de 200 réfugiés libériens sont revenus de la Sierra Leone voisine où ils avaient vécu sous le statut de réfugié, a déclaré le Délégué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) au Liberia, Moses Okello, à des journalistes.
"Plus de réfugiés ont commencé à revenir et nous nous attendons au retour d'un plus grand nombre de Libériens," a observé M. Okello. "Nous rencontrons les pays d'asile pour organiser le rapatriement des réfugiés libériens dès que la situation sécuritaire s'améliore".
Selon le HCR, 318,000 réfugiés libériens sont dispersés dans toute l'Afrique de l'Ouest. Plus de 100,000 sont en Guinée, quand la Sierra Leone en héberge 62,000 et le Ghana 42,000. Il existe également 40,000 réfugiés en Côte d'Ivoire.
Par ailleurs, le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) a importé au Liberia 3,200 kits d'effets scolaires dimanche, d'une valeur de 1,3 millions de dollars US, en prélude au lancement de son programme éducatif retour-à-l'école le 3 novembre. Cette opération a pu se faire à deux semaines de la date de démarrage prévue pour le 20 octobre.
Le programme retour-à-l'école vise à ramener en classe une cible de 750,000 enfants qui ont été retenus loin de l'école par des années de guerre civile.
L'UNICEF, le gouvernement et d'autres agences de secours ont réparé certains bâtiments abritant des écoles, dont plusieurs à Monrovia avaient été utilisés les mois passés comme des centres temporaires de refuge pour les civils déplacés. Quelques 20,000 enseignants seront assistés pour enseigner dans 3,700 écoles.
L'UNICEF a indiqué qu'il avait également appelé à une sensibilisation sur l'immunisation, un autre volet du programme retour-à-l'école.
La sécurité au Liberia devrait s'améliorer puisqu'une force de maintien de la paix des nations unies, déployée sur les lieux, atteindra son plein effectif dans les 3 ou 4 prochains mois avec 15,000 hommes. Elle sera secondée par une force de plus de 1,000 policiers de l'ONU.
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