Iteka, avait tenu, le dimanche 3 août, une assemblée générale ordinaire au cours de laquelle elle a dénoncé les violations massives des droits de l'Homme dans ce pays, malgré l'installation d'un gouvernement transitoire en novembre 2001, a expliqué un communiqué de presse de la Ligue, le 4 août dernier.
L'organisation a, en effet, constaté la violation des droits de l'homme les plus fondamentaux. Malgré les appels à la cessation des hostilités, les combats, entre l'armée régulière et les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) de Pierre Nkurunziza et le Front National de Libération (FNL), dirigé par Agathon Rwasa, continuent de faire rage. Les combats n'ont pas épargné la population civile, a déclaré Iteka.
La situation précaire de la population est encore fragilisée par les vols à main armée, les pillages, les viols et autres exactions commises par les bandits, les rebelles ou encore par certains éléments de l'armée régulière, a rajouté Iteka.
Dans ces circonstances, la Ligue burundaise des droits de l'Homme "a demandé au FDD de Pierre Nkurunziza de cesser les violences et de maîtriser ses hommes sur le terrain pendant cette période où elle est dans les négociations afin de matérialiser son engagement pour la paix".
La Ligue a encore demandé "aux mouvements rebelles de cesser les opérations de recrutement ainsi que l'enlèvement des civils".
L'enlèvement et les recrutements, parfois forcés, continuent d'être pratiqués par certains mouvements rebelles, y compris par ceux qui ont signé un accord de cessez-le-feu ou qui ont entamé un processus de cantonnement, a affirmé Iteka.
Iteka a également condamné "le laxisme de certains administratifs qui relâchent des malfaiteurs avant qu'ils ne soient jugés, et qui laissent la population se faire justice sans réagir".
L'association a relaté des pratiques comme l'expropriation illégale et la corruption qui sont devenues monnaie courante dans plusieurs localités du pays. Elle a aussi évoqué les ventes des propriétés de l'Etat par les administratifs durant cette période de transition.
Iteka a demandé enfin, "que les déplacés et les rapatriés soient réhabilités à travers les partenaires qui ont pris des engagements dans ce sens et la Commission Nationale de Réhabilitation des Sinistrés".
Selon Iteka, le retour des réfugiés se fait dans certains endroits dans des conditions indignes. Des taxes, à certains passages douaniers, continuent à être prélevées malgré les accords signés entre le Burundi, la Tanzanie et le Haut Commissariat aux Réfugiés.
Le Burundi connaît une guerre civile depuis une dizaine d'années. Dix-neuf partis politiques avaient signé en juillet 2OOO l'accord d'Arusha (Tanzanie) pour mettre fin aux hostilités. L'accord définit une période de transition divisée en deux phases égales de 18 mois. La première a débuté en novembre 2001 avec le président Pierre Buyoya, un Tutsi. Il a quitté ses fonctions le premier mai dernier pour laisser la place au vice-président Domitien Ndayizeye, un Hutu.
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