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Les responsables de l'équipe de vérification du cessez-le-feu confrontés à un nouveau retard

Une équipe d'experts militaires, chargée de faire le tracé des positions des forces gouvernementales et des rebelles pour le cessez-le-feu au Liberia, devait se regrouper mercredi dans le pays voisin, la Sierra Leone, avant son déploiement, apprend-on de sources diplomatiques.

Elles ont néanmoins averti que l'Equipe de vérification conjointe, créée dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu du 17 juin, risquait de ne pas être en mesure de se mettre à l'œuvre immédiatement.

Les sources ont expliqué que l'équipe aura sans doute à attendre quelques jours à Freetown jusqu'à ce que les démarches administratives pour qu'elle commence sa tâche au Liberia soient finalisées.

Le cessez-le-feu, négocié durant les pourparlers de paix au Ghana, a volé en éclats la semaine passée, après une nouvelle offensive rebelle contre la capitale libérienne, Monrovia. Les rebelles ont fini par se replier vendredi et la ville, peuplée d'un million d'habitants, est demeurée calme depuis. Il n'a pas été fait état d'autres combats ailleurs dans le pays.

A Washington, les responsables américains ont discuté mardi de la façon dont les Etats-Unis pourraient appuyer le processus de paix. Leurs conciliabules font suite à une forte pression de la part de la France et du Royaume-Uni, des dirigeants de l'Afrique de l'Ouest ainsi que du Secrétaire-Général de l'ONU pour que l'Amérique prenne les devants pour l'envoi d'une force internationale de paix au Liberia.

A Monrovia, les agences humanitaires ont profité de la dernière trêve pour commencer à organiser la distribution de vivres aux personnes déplacées par deux incursions rebelles dans la capitale dans le courant du mois de juin. Or, le pillage massif de leurs entrepôts durant les combats acharnés de la semaine écoulée à Monrovia rendent plus ardus leurs efforts tendant à démarrer l'opération de secours.

L'Equipe de vérification conjointe doit définir les positions occupées par les parties belligérantes avant l'envoi des forces de paix pour s'interposer entre les belligérants.

Elle est composée de deux représentants du gouvernement du président Charles Taylor et d'autant de membres pour chacun des deux groupes rebelles qui occupent désormais les deux tiers du pays : Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL).

Les Nations Unies, l'Union Africaine, le gouvernement américain et le Groupe international de contact sur le Liberia ont chacun un membre au sein de l'équipe.

"Tous les représentants sont ici à Accra, prêts à partir pour Freetown", a confirmé à IRIN un diplomate au Ghana, qui a étroitement suivi les pourparlers de paix.

L'agence de presse Reuters, qui cite le ministre libérien de la Défense Daniel Chea, a informé que l'arrivée de l'Equipe de vérification conjointe signalera le démarrage de toutes les autres activités du cessez-le-feu. Elles incluent entre autres des négociations pour former un gouvernement de transition excluant le président Taylor.

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, a indiqué que le gouvernement américain allait "activement débattre de la meilleure manière de soutenir les efforts internationaux tendant à aider à rétablir la paix et la primauté du droit ". Un communiqué sera publié ultérieurement.

Les Etats-Unis subissent une forte pression internationale pour intervenir au Liberia à la lumière de leurs liens historiques solides avec le pays, fondé au début du dix-neuvième siècle par des esclaves émancipés.

La semaine dernière, le président américain George Bush a invité M. Taylor, un ancien chef de guerre élu président en 1997, à renoncer au pouvoir "afin d'éviter un nouveau bain de sang ".

A l'ouverture des pourparlers de paix le 4 juin à Accra, M. Taylor s'était déclaré prêt à se retirer si cela pouvait ramener la paix dans son pays, plongé depuis quatorze ans dans une guerre civile quasi constante. Mais il est revenu plus tard sur sa promesse, indiquant son intention de rester au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat actuel en janvier 2004.

Samedi dernier, le Secrétaire-Général de l'ONU Kofi Annan a proposé l'envoi d'une force d'invervention multinationale dans le but de prévenir une "tragédie humanitaire de grande ampleur" au Liberia. Il a instamment invité les Etats-Unis à en prendre le commandement.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu une séance à huis clos lundi pour débattre de la proposition de M. Annan, mais a reporté ses délibérations jusqu'au retour à la fin de cette semaine à New York, de la mission du Conseil de sécurité actuellement en tournée en Afrique de l'Ouest.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui parraine les pourparlers inter-libériens de paix qui se tiennent actuellement à Accra, a proposé l'envoi d'une force internationale forte de 5 000 soldats. Des responsables de la CEDEAO ont suggéré que les Etats-Unis y contribuent avec un dispositif de 2 000 hommes.

Monrovia était calme mardi pour la quatrième journée consécutive, après que le LURD ait déclaré une trêve vendredi et se soit retiré du centre-ville à la rivière Po, à 17 km au nord-ouest de la capitale, manifestant ainsi son désir d'éviter une catastrophe humanitaire. Le gouvernement de M. Taylor a prétendu les avoir repoussés par la force.

Des travailleurs humanitaires ont indiqué à IRIN que les agences de secours internationales espéraient bientôt commencer à distribuer de l'aide alimentaire à des milliers de déplacés rassemblés dans le centre de Monrovia. Du riz a été déjà distribué par les autorités sous la supervision de la Première Dame du Liberia, Jewel Taylor.

Ils ont informé que les agences humanitaires internationales allaient surtout cibler les 100 000 occupants des camps pour les déplacés à l'intérieur situés dans les banlieues de Monrovia, qui ont fui pour se réfugier dans le centre-ville durant les deux assauts du LURD contre Monrovia ce mois-ci.

Les agents humanitaires ont néanmoins averti que les projets de distribution de vivres risquaient d'être entravés par le problème du transport, à l'issue du pillage d'une vingtaine de véhicules appartenant à plusieurs agences, notamment au Programme alimentaire mondial. Du carburant, des médicaments, du matériel médical, ainsi que certains stocks alimentaires, ont également été volés.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a signalé que ses entrepôts ont été vidés par des pilleurs qui ont pris des couvertures, des jerrycanes, des bâches en plastique pour la construction d'abris pour les réfugiés, des ustensiles de cuisine et d'autres articles.

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a affrété lundi douze tonnes de matériel médical, essentiellement destiné au grand hôpital John F.Kennedy de Monrovia. Dominique Liengme, directeur du CICR au Liberia, a informé que le matériel médical comprenait des remèdes pour traiter les blessés de guerre, des brancards et des sacs pour les morts.

Des travailleurs sanitaires libériens ont déclaré lundi que 215 corps au moins ont été récupérés après les combats de la semaine dernière.

Mardi, le HCR a annoncé qu'il s'apprêtait à évacuer par mer un grand nombre de réfugiés sierra léonais piégés à Monrovia, ravagée par la guerre. Beaucoup d'entre eux se sont réfugiés dans le complexe du HCR.

"Plus de 1 000 réfugiés sierra léonais et Libériens déplacés campent devant l'enceinte de l'ONU et des ambassades à travers la ville ", a informé le HCR dans un communiqué. " Les réfugiés se trouvent parmi un nombre estimé à 15 000 Sierra Léonais qui étaient assistés par le HCR dans les camps de réfugiés autour de Monrovia ".

Le navire MV Overbeck, d'une capacité de 250 passagers, prendra la mer à Freetown en direction de Monrovia, dès que toutes les garanties seront reçues pour qu'il puisse accoster en toute sécurité à Freeport, a indiqué Moses Okello, le représentant du HCR au Liberia.

"Si le cessez-le-feu continue à tenir bon, l'Overbeck pourrait prendre la mer dès ce soir ", a préconisé le HCR mardi, ajoutant que le voyage à Monrovia durerait 36 heures.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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