mouvements armés opérant dans la région.
Dans un communiqué publié lundi, l'ONG déclare que la situation dans le
district de l'Ituri est si grave qu'il est impératif d'intensifier les
efforts nationaux et internationaux en vue de lutter contre l'utilisation
des enfants par les mouvements armés.
Le 30 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution
autorisant le déploiement d'une force multinationale afin d'aider à
restaurer la sécurité à Bunia. La France a offert de mener une force de 1 500 hommes et une première équipe est déjà sur place à Bunia pour préparer l'arrivée du restant des troupes. Le déploiement total de la force devrait être achevé d'ici deux semaines.
« Depuis que Bunia a plongé dans la violence et le chaos il y a environ un
mois, il est difficile de ne pas avoir l'impression que la ville a été
reprise par des enfants, » a commenté l'ONG, ajoutant que des « groupes d'
enfants armés jusqu'aux dents - quelques-uns n'ayant pas plus d'une dizaine d'années - dominent aujourd'hui la ville et terrorisent ses habitants. »
L'ONG a indiqué que des atrocités d'une ampleur énorme ont été commises à Bunia, à savoir des crimes gratuits, des viols, des pillages et des incendies criminels. « Les enfants ont été les auteurs directs d'une grande partie de ces crimes. Mais ces enfants armés sont eux-mêmes contrôlés par des adultes, » a-t-elle précisé.
Les affrontements ont éclaté le 7 mai à Bunia après le retrait des troupes
ougandaises qui occupaient la ville. Cette nouvelle vague de violence s'est
soldée par la mort d'au moins 300 personnes et le déplacement de centaines de milliers d'habitants.
Save the Children, qui, depuis 2002, a beaucoup oeuvré en faveur des enfants soldats dans l'est de la RDC, estime que les enfants armés de Bunia sont des victimes de la guerre. « Jusqu'à présent, plus d'un millier d'enfants ont été démobilisés avec succès et la plupart ont rejoint leur famille, » a-elle ajouté.
L'ONG a ajouté que les événements de Bunia ont démontré une évolution
consternante, à savoir l'utilisation accrue des enfants dans les conflits
armés.
Les seigneurs de guerre prenant de plus en plus conscience qu'en vertu du
droit international, ils auront peut-être à répondre « demain de crimes
commis aujourd'hui », l'ONG a expliqué que l'utilisation des enfants leur offre l'avantage de se distancier de ces actes.
Parmi les efforts consentis par cette ONG pour empêcher le recrutement d'
enfants soldats et préparer les communautés locales à la réintégration de ces enfants, figure la formation des commandants militaires des mouvements rebelles aux questions liées à la protection des enfants et à la Convention
de l'ONU des droits de l'enfant. Cette approche a été appliquée dans les provinces des Kivu, a précisé l'ONG, ajoutant que cette action se montre efficace pour obtenir la libération des enfants.
« Malheureusement, peu de progrès ont été accomplis en Ituri, » a confié l'
ONG. « La désorganisation des mouvements armés et l'anarchie généralisée n'ont pas permis la mise en place de tels programmes. »
L'ONG a précisé qu'un grand nombre de milices continuaient de nier leur
recours à des enfants soldats et la « situation actuelle ne permet pas de
garantir en toute sécurité, la réintégration des enfants démobilisés dans les communautés.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions