Dans un communiqué, ACF dit avoir recensé dans ses centres d’alimentation 3733 personnes souffrant de malnutrition modérée et 828 patients affligés de malnutrition aiguë.
L’ONG a souligné que le nombre actuel de ses dossiers de patients gravement sous-alimentés à Lubumbashi était le plus élevé qu’elle ait eu à traiter dans une seule zone en 24 années de travail dans des pays tels que le Soudan, l’Éthiopie, la Somalie, l’Afghanistan et l’Irak.
"La population de Lubumbashi, qui a déjà été le centre économique de la République démocratique du Congo, se trouve à court de stratégies pour faire face aux assauts persistants des privations causées par la guerre actuelle, par 32 ans d’un régime de cleptomanie érigée en système sous [l’ex-président] Mobutu [Sese Seko], ainsi que par la sécheresse en Afrique australe", a déclaré Cathy Skoula, responsable de mission de l’ACF en RDC.
Selon l’ACF, l’effet combiné de la réduction de l’argent disponible et des réserves de nourriture, a conduit à cette crise nutritionnelle à Lubumbashi. L’ONG a rappelé qu’une récente étude sur l’économie familiale effectuée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, avait estimé que 20 pour cent de la population ne mangeait qu’une fois tous les deux jours, et que 50 pour cent ne mangeaient qu’un repas par jour.
Une enquête nutritionnelle réalisée par l’ACF en janvier, a découvert que 5,3 pour cent des enfants de moins de cinq ans de Lubumbashi souffraient de malnutrition aiguë. L’ONG a invité toutes les parties prenantes au processus de paix en RDC à s’assurer qu’une aide humanitaire soit immédiatement fournie aux civils, "pour prévenir une aggravation de la situation nutritionnelle qui pourrait bientôt causer une hausse significative de la mortalité".
Lubumbashi est la principale ville de la province du Katanga. Avec une population d’environ 1,5 million de personnes, elle abrite 35 000 Congolais déplacés, le parlement national, ainsi qu’une importante société minière, Gécamines.
Constatant que l’accord de paix signé en décembre 2002 avait suscité l’espoir d’une suppression des crises humanitaires du pays, l’ACF a souligné qu’il restait encore à traduire la paix symbolique en RDC en gains directs pour la population.
"La paix ne devrait pas être utilisée comme un écran de fumée pour dissimuler l’actuelle urgence humanitaire à Lubumbashi", de lancer l’ONG.
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