David Crane a confirmé que les résultats de l'enquête portent le tribunal à croire que Johnny Paul Koroma, à la tête du putsch de 1997, et Sam Bockarie, ancien dirigeant du Front uni révolutionnaire (RUF), un mouvement rebelle vaincu, avaient tous les deux trouvé refuge au Liberia.
Il a noté que M. Taylor avait promis de livrer les deux fugitifs si son gouvernement détectait leur présence au Liberia, et a déclaré que le tribunal sierra léonais " suivrait les preuves où qu'elles conduisent ".
Jeudi, l'enquêteur principal du tribunal, Alan White, a dit avoir été saisi d'informations crédibles soulignant que Koroma et Bockarie se trouvaient tous les deux au Liberia. Il a exhorté M. Taylor à les arrêter et à les livrer au Tribunal.
"Si le président Taylor refuse de livrer ces personnes au Tribunal spécial et si nous apprenons d'une manière directe qu'il est en train de prêter assistance à ces deux individus inculpés de crimes de guerre, Charles Taylor pourrait alors être accusé d'obstruction à la justice en ce qui concerne le Tribunal spécial pour la Sierra Leone ", a déclaré M. White à la BBC.
L'attaché de presse de M. Taylor, Vani Passawe, a promis que si Koroma et Bockarie étaient retrouvés au Liberia ils seraient livrés.
"Sam Bockarie et Johnny Paul Koroma ne seront pas les bienvenus au Liberia" a-t-il affirmé. M. Passawe a rappelé que Bockarie avait été expulsé du pays il y a quelques années.
Bockarie et Koroma ont été inculpés par le Tribunal spécial au début du mois de mars, ainsi que cinq autres personnes qui ont été arrêtées depuis.
Au début de cette semaine, le principal mouvement rebelle ivoirien, le Mouvement patriotique de la Côte d'Ivoire (MPCI), a accusé Bockarie d'avoir assassiné Félix Doh, le chef du Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP), une force rebelle plus petite qui opère aux abords de la frontière libérienne avec l'ouest du pays.
Des informations émanant de la région ont indiqué que des mercenaires sierra léonais et libériens combattaient au côté du MJP.
Après avoir dirigé un putsch en 1997 contre l'actuel président de la Sierra leone, Ahmad Tejan Kabbah, Koroma avait tenté d'amener le RUF, dont Bockarie était l'un des principaux chefs militaires, au gouvernement. Koroma a ensuite été renversé grâce à une force d'intervention internationale et la Sierra Leone est retourné à un régime civil.
Les chefs d'accusation contre Koroma et Bockarie vont du meurtre à l'esclavage et au viol, en passant par le conscription forcée d'enfants et par des attaques contre les Casques bleus des Nations Unies.
Le Tribunal spécial, créé par un accord entre l'ONU et le gouvernement de la Sierra Leone, est chargé de juger les personnes portant la plus grande responsabilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité pendant la guerre civile. Il se concentre sur les crimes perpétrés après le 30 novembre 1996.
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