Dans un communiqué, la CEDEAO a condamné les exécutions extrajudiciaires et les atrocité commises par les parties au conflit, et a affirmé qu'elles étaient inacceptables dans la sous région. L'organisation régionale composée de 15 membres a annoncé l'ouverture d'une enquête pour rechercher les auteurs, qui seront sanctionnés pour leurs crimes.
Elle a invité toutes les parties au conflit à respecter les Convention de Genève relatives aux droits de la guerre. Elle a prié les belligérants de mettre fin aux violations des lois du pays et de celles relatives à la protection des civils.
Elle leur a également demandé de protéger les populations et de prendre des mesures appropriées pour faire cesser les crimes et la violation qui, à long terme, risquent d'avoir un impact sur l'unité et la cohésion nationales.
Des villageois de Monoko-Zohi ont affirmé que 120 de leurs parents proches ont été tués et ensevelis dans une fosse après que des "hommes en uniforme" aient envahi le village, ont informé les médias en fin de semaine.
Les rebelles du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) ont attribué ce massacre aux troupes gouvernementales et ont menacé de se retirer des négociations à Lomé, au Togo. Le Gouvernement a rejeté toute responsabilité dans le massacre de Monoko-Zohi. En revanche, le Gouvernement a accusé le MPCI. Le secrétaire général du MPCI, Guillaume Soro, a opposé un démenti.
M. Soro a déclaré à IRIN depuis Lomé mardi que le groupe était "encore engagé dans la recherche d'une solution politique pacifique au conflit".
Il a ajouté que le moment est venu pour que la CEDEAO assume sa responsabilité face aux récentes décisions prises par le Gouvernement du [Président Laurent] Gbagbo, notamment un appel public à l'enrôlement des jeunes, qui conduira le pays à la "guerre civile", selon lui.
Le Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH), a condamné lundi la découverte d'une fosse commune et à demandé de faire la lumière sur la tuerie. Le MIDH a demandé aux Nations Unies d'envoyer en Côte d'Ivoire une mission internationale d'établissement des faits et d'engager des poursuites contre les coupables. Il a demandé au Gouvernement de fermer le site pour préserver les preuves et de constituer une équipe d'enquête.
Dans le même contexte, des jeunes ivoiriens ont répondu mardi à l'appel lancé en fin de semaine par le ministère de la Défense, invitant les jeunes de 20 à 26 ans à se porter volontaires pour aller combattre dans l'ouest du pays.
Les organes de presse ont rapporté que des milliers de jeunes scandant des slogans et réclamant des "uniformes" se sont rassemblés devant le ministère, qui a annoncé que les jeunes subiront des tests de sélection, notamment une course de 5 km en 25 minutes, avant de suivre une formation de six semaines au lieu des trois mois habituels.
"L'armée veut dire discipline. Nous ne pouvons envoyer des jeunes hommes indisciplinés se battre à mort", a indiqué la BBC, qui cite le lieutenant-colonel Jules Yao Yao.
"Après six semaines, ils sauront comment combattre mais il n'iront pas nécessairement sur le front. Cela dépendra de la situation", a-t-il ajouté. Le Gouvernement cherche environ 3 000 jeunes volontaires.
D'un autre côté, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) projette d'évacuer des milliers de réfugiés de la région occidentale de la Côte d'Ivoire une fois que les disposititifs logisitique et de sécurité seront en place, a annoncé le porte-parole du HCR, Kris Janowski, dans un point de presse mardi à Genève.
Il a néanmoins relevé que les efforts de l'agence visant à l'élaboration d'un plan d'évacuation ont subi un recul dimanche (8 décembre) lorsque les forces gouvernementales ont détruit un ferry du HCR dans le sud du pays en détonant trois grenades attachées au bateau.
Le ferry, qui a antérieurement été utilisé pour le rapatriement des Libériens sur la rivière Cavaly, de Prollo à Pelebo au Liberia, aurait pu servir à évacuer des personnes vers le Liberia, a-t-il noté.
"On nous a dit que le ferry a été détruit pour empêcher une future intrusion potentielle de rebelles en Côte d'Ivoire", a déclaré M. Janowski. "Le HCR est très préoccupé par l'incident qui affecte l'aptitude des agences de l'ONU à opérer dans un climat de sûreté et de respect de la propriété de l'ONU garanti par plusieurs accords internationaux", a-t-il ajouté.
On estime que 45 000 réfugiés vivaient dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, dans la région frontalière avec le Liberia avant que le HCR n'ait plus de nouvelles d'eux depuis plus d'une semaine. Il existe également environ 2 500 réfugiés dans la capitale économique, Abidjan, qui ont perdu leurs habitations de fortune dans les bidonvilles de la ville rasés par les autorités, ou qui craignent pour leur sécurité en général, a-t-il poursuivi.
M. Janowski a indiqué que des personnes continuent de fuir de la Côte d'Ivoire en direction des pays voisins, principalement du Liberia. Au cours des dix derniers jours, environ 32 000 personnes sont entrées au Liberia.
Ce chiffre inclut 22 000 Libériens forcés au retour à cause des combats, et 10 000 ressortissants ivoiriens. Il a noté que la proportion des Ivoiriens fuyant vers le Liberia a augmenté ces derniers jours, ajoutant qu'il est estimé que 4 000 personnes ont également fui en Guinée.
L'Organisation internationale des migrations (OIM) a rétabli dimanche le contact avec quatre membres de son personnel qui avaient fui Danané, une ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire, à proximité de la frontière libérienne, a rapporté ce mardi le porte-parole de l'OIM, Niurka Pineiro.
D'après Pineiro, les quatre employés, travaillant pour le compte du United States Resettlement Programme (USRP), de l'organisation, sont actuellement sains et saufs au Liberia et en Guinée, après avoir fui Danané à pied il y a plus de deux semaines.
Le 28 novembre, deux nouveaux groupes rebelles inconnus jusqu'ici, le Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la Paix et la Justice (MPJ), ont capturé Man et Danané, deux villes situées à l'ouest. Dans les deux jours qui ont suivi, ils ont occupé Toulepleu et Touba, dans la même région, mais les forces loyalistes ont lancé des assauts d'envergure pour les déloger de Man et de Toulepleu.
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