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Le Conseil islamique annule la fatwa contre une journaliste

Le plus important Conseil islamique du Nigeria, Jama'atu Nasril Islam, a annulé jeudi la sentence de mort ou fatwa passée contre une journaliste d'un quotidien local qui avait publié un article jugé blasphématoire par les musulmans.

L'Etat de Zamfara, au nord, a exhorté les musulmans lundi à tuer Isioma Daniel du journal 'Thisday', par obligation religieuse, pour son article critiquant l'opposition musulmane au fait d'accueillir au Nigeria l'élection de Miss Monde. Dans son article, Daniel, qui a fui le Nigeria depuis, a laissé entendre que le Prophète Mohamed aurait certainement choisi l'une des concurrentes pour épouse.

"Le Gouvernement de l'Etat de Zamfara n'a pas l'autorité d'édicter des fatwas et il faut ignorer la fatwa qu'il a émise", indique un communiqué signé par Lateef Adegbite, le secrétaire général du Conseil.

Le communiqué indique que le chef des musulmans nigérians, le Sultan de Sokoto, Muhammadu Macido, a demandé au comité de la fatwa de se réunir et de discuter l'article de Daniel, notant les excuses présentées par le journal.

Il y a une semaine, les protestations des musulmans contre l'article de 'Thisday' ont dégénéré en quatre jours de violence interreligieuse à Kaduna, une ville du nord, où plus de 200 personnes ont été tuées. Les organisateurs de l'élection de Miss Monde ont annulé le concours, qui devait avoir lieu dans la capitale nigériane, Abuja, et l'ont transféré à Londres.

Le Président Olusegun Obasanjo s'est déplacé jeudi à Kaduna, où il a rendu visite à des blessés à l'hôpital. Il a déclaré devant une réunion de chefs religieux et traditionnels qu'il a donné l'ordre aux agences de sécurité d'appréhender tous les responsables de la violence.

Les leaders religieux chrétiens restent critiques vis-à-vis de la réponse que le Gouvernement a apporté à la crise, en remarquant que la majorité des victimes n'étaient pas musulmanes. " Si le gouvernement n'est pas capable de nous protéger, nos gens n'auront pas d'autre choix que de se defendre et de se protéger par tous les moyens qui leur sont disponibles", a déclaré aux journalistes l'archevêque méthodiste Ola Makinde.

Il a attribué la multiplication des cas de violence interreligieuse au Nigeria à l'introduction du strict code musulman ou chari'a par douze Etats du nord, à majorité musulmane. Plus de 2 000 personnes sont mortes à Kaduna en l'an 2000 après une vague de violence provoquée par la tentative du gouvernement d'introduire le code de jurisprudence musulmane.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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