« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour leur venir en aide mais la présence d'éléments armés entrave l'accès à ces quartiers, » a-t-il confié à IRIN.
M. Bulman a précisé qu'avec l'aide de ses partenaires, le PAM a réussi à
distribuer « quelques aliments » aux personnes les plus vulnérables - une
classification englobant généralement les enfants de moins de cinq ans, les
femmes enceintes, les mères qui allaitent et les personnes atteintes de maladies - vivant dans un périmètre situé de 12 à 24 km du centre de Bangui.
Cette aide alimentaire, soit environ 9 tonnes de nourriture, a-t-il précisé, équivaut à quelque 18 000 rations. Il a ajouté qu'environ 2 000 personnes ont reçu de la nourriture ce vendredi. « Nous sommes très satisfaits de ce qui a été effectué, » a-t-il lancé.
Certains habitants se sont réfugiés dans cette banlieue nord de Bangui afin d'échapper aux affrontements survenus du 25 au 31 octobre entre rebelles et troupes du gouvernement appuyées par leurs alliés. Le président de l'Observatoire centrafricain des droits de l'homme en RCA, Lambert Zokeozo, a indiqué samedi à IRIN que cette zone - baptisée PK 12 - a été le théâtre d'
un grand nombre de massacres pendant les combats qui ont opposé les troupes
progouvernementales à celles du général militaire dissident, François
Bozizé. Quelque 200 troupes libyennes dépêchées en RCA pour protéger le
président Ange-Félix-Patassé et les rebelles du Mouvement de libération du
Congo, dirigé par Jean-Pierre Bemba, ont réussi à repousser les militants de François Bozizé.
Cependant, des troupes de M. Bozizé ont été observées à 55 km du nord de
Bangui. Leur proximité associée aux récents combats a créé un climat d'
insécurité dans la ville de Bangui. Face à cette nouvelle crise
centrafricaine, les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale ont mis à disposition de la RCA un contingent de 300 à 350 soldats attendus sous peu à Bangui.
Lors des affrontements, les fermiers n'ont pas été en mesure d'approvisionner la ville en denrées alimentaires, provoquant de ce fait une hausse des prix considérable. Le PAM a fait savoir que le prix des
principales denrées alimentaires, notamment le manioc, a quasiment doublé et les prix continueront vraisemblablement de grimper si la crise se prolonge.
Ainsi, un sac de 100 kg de manioc, aliment de base, qui coûtait 9 000 francs CFA (14,38 dollars) avant le conflit, se vend aujourd'hui à 15 000 francs (24,38 dollars).
« La population ici vit déjà dans des conditions très difficiles dues à une
extrême pauvreté et au non paiement des salaires des fonctionnaires, » a
précisé M. Bulman.
L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
continue de surveiller les prix du marché en ce qui concerne les principales denrées alimentaires tandis que le PAM et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance observent l'évolution de la situation nutritionnelle. M. Bulman a informé que le PAM s'attachera à recenser les groupes de personnes vulnérables nécessitant de l'aide « pendant toute la durée de la crise ».
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