"Les officiers responsables de ces crimes de guerre devraient être rapidement arrêtés et poursuivis", a déclaré Suliman Baldo, chercheur principal à la Divison Afrique de Human Rights Watch.
Selon le rapport, parmi les officiers directement impliqués dans les tueries se trouvaient Gabriel Amisi, également connu comme «Tango Fort», adjoint au chef d'état-major chargé de la logistique de l'armée du RCD-Goma, les commandants des cinquième et septième brigades, basées à Goma et Kisangani, soit Bernard Biamungu et Laurent Nkunda, ainsi que plusieurs autres officiers de haut rang de ces deux unités. «Biamungu a été vu en train de donner des consignes à ses soldats de se rendre dans le quartier de Mangobo, juste avant que les tueries de civils ne commencent là-bas, et il était présent sur les lieux de certaines tueries», indique Human Rights Watch. «Biamungu, Amisi et Nkunda ont tous trois été vus sur le Pont de la Tshopo, peu avant le début des exécutions sommaires sur ce pont, dans la nuit du 14 mai.»
L’organisme de défense des droits de l’homme a aussi cherché à vérifier si la Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) avait failli à son mandat d'assurer la "protection des civils exposés à une menace imminente de violence physique". Selon Human Rights Watch, «la Mission de l’ONU comptait plus d'un millier de soldats à Kisangani et elle était visiblement au courant de ces tueries».
Le rapport de trente pages se fonde sur une enquête de trois semaines effectuée par une équipe de recherche de Human Rights Watch en République démocratique du Congo. Le rapport établit que des militaires et policiers congolais avaient tenté de se mutiner contre les éléments rwandais du RCD-Goma, le 14 mai à Kisangani, qu’ils ont brièvement occupé la station de radio locale et tué plusieurs personnes considérées comme «rwandaises».
Selon l’organisme, même si cette tentative de mutinerie a rapidement pris fin, le RCD-Goma a dépêché par avion de Goma ses officiers les plus haut gradés, pour orchestrer «une campagne de répression brutale». Human Rights Watch affirme avoir réuni des preuves sur des dizaines d'assassinats de civils survenus dans la commune de Mangobo, à Kisangani, ainsi que de nombreux viols, passages à tabac et pillages à grande échelle, perpétrés dans le cadre de cette répression.
En outre, les éléments loyalistes du RCD-Goma ont exécuté de nombreux soldats et policiers qu’ils détenaient, dans plusieurs cas sur le Pont de la rivière Tshopo, puis ont jeté leurs corps mutilés dans la rivière. «Plusieurs de ces corps ont refait surface par la suite», indique le rapport. L’organisme de défense des droits de l’homme a également réuni des preuves concernant des tueries commises dans d'autres sites, notamment dans une brasserie abandonnée, dans la caserne militaire du Camp Ketele et à l'aéroport de Bangboka. Le bilan définitif des victimes reste à déterminer mais Human Rights Watch a établi qu'au moins 80 personnes, «sans doute bien davantage», ont trouvé la mort au cours de la mutinerie et de la répression qui a suivi. [Rapport complet sur http://www.hrw.org/]
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