Des partis locaux d’opposition, des organisations internationales des droits de l’homme et des médias étrangers ont attribué la mort de Juan Ondo Nguema à des blessures résultant d’actes de torture durant les interrogatoires de la police. Le gouvernement a néanmoins rétorqué que ces accusations étaient sans fondements.
Nguema était l’une des 65 personnes inculpées le 9 juin de tentative de coup de force contre le gouvernement du président Teodoro Obiang Nguema. Le procès a été qualifié de farce par les organisations des droits de l’homme, qui ont aussi révélé que les accusés ont été torturés avant et pendant le procès.
Nguema aurait perdu conscience le 1er juillet dans la prison de Black Beach dans la capitale Malabo, et aurait été immédiatement transporté à l’Hôpital de Malabo. Il est mort le 5 juillet des blessures infligées pendant les interrogatoires de la police, pour lesquels il n’a pas été traité par un médecin, et après qu’il ait été privé de manger et de boire pendant cinq jours, a rapporté le quotidien espagnol ‘El País’. Un autre prisonnier a été hospitalisé lundi. Il avait de la fièvre et des signes d’épuisement, a précisé le journal.
Un parti opposant en Guinée équatoriale, la Convergence pour la démocratie sociale, et des médias étrangers ont rapporté que les familles des détenus n’ont pas été autorisées à leur fournir des vivres. Le parti a également dénoncé, dans un communiqué paru le 27 juin, que l’Etat exerçait une répression accrue à l’égard des prisonniers.
La Résistance Nationale de la Guinée équatoriale, également d’opposition, a clamé que le décès de Nguema était « un assassinat politique prémédité », et qu’il s’inscrivait dans une stratégie tendant à « anéantir l’opposition politique ».
Le premier ministre espagnol, Josep Pique, a fait part de son inquiétude concernant la « régression » des droits de l’homme en Guinée équatoriale et a déclaré lundi qu’il fallait ouvrir une enquête au sujet de la mort de Nguema, a encore informé ‘El País’. La Guinée équatoriale est une ancienne colonie espagnole.
Mardi, des groupes politiques, des syndicats et des organisations des droits de l’homme ont présenté au chef du gouvernement espagnol une pétition portant 1 000 signatures et invitant le gouvernement espagnol à négocier avec les autorités de Malabo afin d’obtenir la libération des autres détenus et le procès des auteurs de torture en Guinée équatoriale.
Le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE-espagnol), au pouvoir, a récusé toutes les accusations de torture, et a affirmé qu’il n’y a aucune tentative de la part du gouvernement ou des autorités pénitentiaires d’assujettir les détenus à une répression ou à des exactions.
Dans un communiqué émanant du PDGE mardi, il est indiqué que Nguema a été hospitalisé pour pneumonie, kyste du foie et anémie, et que son état a empiré même s’il a bénéficié d’un traitement médical.
Le parti a accusé les groupes politiques locaux et les organisations internationales de « jugements irrespectueux » et d’ « actes d’hostilité ouverte » contre le président et contre son gouvernement. Il a souligné que ceci « est une preuve claire d’instigation au désordre et de désinformation de la part de certains guinéo-équatoriens, et d’ingérence flagrante et éhontée de la part de certains étrangers ».
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