Dans un rapport de 33 pages, AI présente en détail des témoignages d'actes de torture, de meurtres et d'exécutions extrajudiciaires d'un collectif de victimes tchadiennes qui, au début de l'an 2000, ont porté plainte contre M. Habré pour atteintes aux droits de l'homme. Certaines victimes ont mentionné « la participation directe de Hissène Habré dans des actes de torture », a précisé AI ce mardi. Le rapport cite l'unité de la sécurité présidentielle, la Direction pour la Documentation et la Sécurité, comme l'unité chargée de l'exécution de ces abus durant la présidence de M. Habré, de 1982 à 1990.
L'annonce de M. Wade constitue le dernier rebondissement de l'affaire. La décision d'une cour décrétant que M. Habré pouvait être jugé au Sénégal, où il est en exil depuis 1990, a été annulée par la cour de cassation, qui a argué que le Sénégal n'avait aucune juridiction pour juger M. Habré car ses crimes présumés ont été commis à l'extérieur du territoire sénégalais. Cependant, le mois dernier, M. Wade a annoncé qu'il pourrait extrader l'ancien dirigeant tchadien si un pays tierce pouvait lui garantir un procès équitable.
Le rapport d'AI appelle les autorités sénégalaises à éviter que M. Habré s'enfuie du pays et à incorporer la Convention contre la torture dans sa législation nationale. Elle a également appelé l'actuel gouvernement du Tchad « à collaborer avec ceux qui cherchent à amener Hissène Habré devant la justice, en permettant des investigations vastes et impartiales» . A la communauté internationale, l'organisation de défense des droits de l'homme basée à Londres a demandé « d'appuyer et de favoriser les efforts tendant à amener Hissène Habré et ses collaborateurs devant un tribunal », pour assister dans la réforme du système judiciaire du Tchad et pour soutenir le travail des ONG dans la promotion et la protection des droits de l'homme.
« Les gouvernements du Tchad et du Sénégal, et la communauté internationale devraient respecter leurs obligations morales et juridiques et agir ensemble afin de garantir que les personnes responsables des graves violations des droits de l'homme au Tchad soient amenées devant la justice », a conclu AI.
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