Le premier otage à avoir été libéré mercredi et remis à un groupe de journalistes par le Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger (MEND) est Macon Hawkins, un ressortissant américain de 69 ans. Les cinq autres - deux ressortissants égyptiens, Shalky Aly et Faysal Mohammed, deux thaïlandais, Damsak Mhaduho et Arak Suwanna, et un Philippin, Anthony Santos - ont été relâchés un plus tard dans la journée.
A cette occasion, le MEND a déclaré qu’il avait décidé de relâcher M. Hawkins en raison de son âge avancé et de sa santé fragile. Quant aux cinq autres, ce sont des otages sans grande importance et leurs pays n’ont aucun intérêt dans la région pétrolifère, précisé le groupe qui détient toujours deux ressortissants américains et un Britannique.
Les six otages libérés semblaient quelque peu hagards, mais ne présentaient aucune blessure. Tous ont indiqué qu’ils ont bien été traités par leurs ravisseurs.
Employés de la société américaine Willbros Inc., un contractant de Shell, les neuf otages ont été enlevés le 18 février alors qu’ils se trouvaient a bord d’un navire, au large de Forcados, pour poser un oléoduc sous-marin.
En échange des otages, le MEND avait exigé du Président Olusegun Obasanjo la libération de deux leaders de la Communauté Ijaw. Le groupe, qui affirme également se battre pour le contrôle de la richesse pétrolière de la région, a également réclamé à Shell le paiement de 1,5 milliards de dollars en compensation des pertes halieutiques dues la pollution de la région du delta du Niger. Et la semaine dernière, une décision de justice confirmait le paiement de cette somme.
A ce jour, aucune négociation n’a été engagée avec les autorités gouvernementales, a affirmé le MEND, qui menace de mener d’autres actions dans les prochains jours.
« Nous demandons un arbitre neutre dans la résolution de ce conflit… Nous lancerons des attaques dans d’autres secteurs du delta du Niger afin de paralyser les exportations de pétrole brut on shore », a indiqué le groupe.
Le MEND prétend se battre pour défendre les intérêts des Ijaws, le groupe ethnique majoritaire dans la région du delta du Niger dont les habitants démunis accusent les multinationales du pétrole, associées au gouvernement nigérian, de polluer l’environnement et de s’approprier tous les revenus du pétrole exploité sur leur sol.
Les récentes attaques des militants du MEND contre les installations pétrolières de Shell ont contraint la compagnie à cesser ses activités dans la région ouest du delta du Niger qui fournit quelque 445 000 barils par jour, soit 50 pour cent de sa production au Nigeria.
En outre, la rupture par le MEND du gazoduc alimentant trois centrales électriques a réduit d’un quart la fourniture d’énergie au niveau national, entraînant des délestages encore plus longs que d’habitude.
Pour les militants séparatistes, les récentes attaques sont une réponse aux frappes aériennes menées quelques jours plus tôt par des hélicoptères de l’armée contre des villages Ijaws. Mais à en croire l’armée, ces frappes visaient des barges utilisées par des groupes de criminels pour siphonner le pétrole brut des oléoducs du delta, qu’ils revendent ensuite à des tankers qui mouillent au large des côtes nigérianes.
Selon certaines agences de sécurité, au cours des dernières années, le trafic de pétrole brut a servi à financer les groupes armés de la région pétrolifère. Et d’après les estimations des autorités nigérianes, près de 10 pour cent des 2,5 millions barils de brut exportés chaque jour disparaissent à cause dans le trafic de pétrole.
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