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Ellen Johnson Sirleaf installe la Commission Vérité et réconciliation

Le gouvernement libérien a installé lundi la Commission Vérité et réconciliation chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme commises au cours des vingt cinq dernières années au Liberia, un pays déchiré par la guerre civile.

Les neuf membres de la Commission – créée dans le cadre de l’accord de paix de 2003 qui a mis fin à la guerre civile au Liberia – enquêteront sur les exactions commises entre janvier 1979 et octobre 2003.

En installant la Commission lundi, la Présidente Ellen Johnson Sirleaf a indiqué que cette Commission représentait l’espoir du people libérien.

Selon elle, il s’agit de rendre un hommage collectif aux victimes et d’offrir des opportunités de réinsertion aux bourreaux d’hier, tout en envisageant des sanctions à l’encontre de ceux qui auraient commis des exactions considérées comme des crimes contre l’humanité.
Cette commission jouera un rôle vital dans le processus de réconciliation au Liberia, un processus indispensable pour une paix véritable dans le pays.

La guerre civile du Liberia a été marquée par de nombreux massacres et viols, les rebelles – dont beaucoup étaient des enfants soldats recrutés de force – ayant commis toutes sortes d’atrocités contre des populations civiles sans défense. Des centaines de milliers de personnes sont mortes pendant cette guerre et près d’un million d’autres ont été contraints à l’exil.

La Commission Vérité et réconciliation est présidée par Jérôme Verdier, un défenseur des droits de l’homme très connu au Liberia. Selon lui, la Commission offrira une tribune favorable aux échanges entre les victimes et les tortionnaires.

Trois conseillers techniques étrangers complètent les effectifs de la Commission. Deux d’entre eux seront nommés par les quinze Etats-membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest), qui a contribué à la signature de l’accord de paix au Liberia, le troisième conseiller étant nommé par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Comme stipulé dans la loi de juin 2005 ratifiant la création Commission Vérité et réconciliation, le rôle de cette commission est « d’enquêter sur les cas caractérisés de violations des droits de l’homme, d’abus sexuels, de meurtres, d’exécutions extrajudiciaires et de crimes économiques (tels que l’exploitation des ressources naturelles ou publiques pour prolonger la guerre) ».

La Commission donnera également aux victimes et aux auteurs de violations des droits de l’homme, l’opportunité de parler de leurs expériences respectives afin de conserver une trace du passé et faciliter un vrai travail de réparation et de réconciliation.

Bien que la guerre civile ait éclaté en 1989, la Commission se penchera également sur les exactions commises au cours des années précédentes.

Elle pourrait ainsi s’intéresser à des cas impliquant certaines personnalités élues. En effet, plusieurs hommes politiques accusés d’exactions pendant la guerre civile ont été élus au parlement libérien. Et à en croire la délégation de la Commission européenne en visite le mois dernier à Monrovia, ces élus ne devront bénéficier d’aucune impunité.

En dehors de Charles Taylor, l’ex-chef de guerre et ex-Président du Liberia qui vit en exil au Nigeria, les anciens chefs des factions armées et certains commandants de la rébellion vivent encore dans le pays.

Mais selon M. Verdier, aucun homme politique ne pourra s’abriter derrière son immunité politique.
« Aucun Libérien n’est à l’abri d’une comparution devant la Commission Vérité et réconciliation ».


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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