Des sanctions pourraient être prononcées mardi contre les personnes jugées responsables du blocage du processus de paix en Côte d’Ivoire, et des risques d’attaques contre le personnel et les installations de l’ONU en Côte d’Ivoire sont réels, a révélé un représentant de l’ONU.
Les 200 casques bleus qui devront renforcer les effectifs des soldats de l’ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire) seront prélevés sur le contingent nigérian, mais il est trop tôt pour préciser s’il s’agit d’éléments des bataillons arrivés récemment au Liberia, a-t-il confié à IRIN.
Les Etats-Unis se sont opposés à l’envoi de forces de police de la MINUL pour aider au maintien de l’ordre en Côte d’Ivoire, a-t-il ajouté.
Suite aux violentes manifestations anti-ONU qui se sont déroulées à Abidjan, la capitale, et dans d’autres villes du sud sous contrôle gouvernemental, le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait demandé dimanche des effectifs supplémentaires pour renforcer les 7 000 casques bleus présents en Côte d’Ivoire.
Selon Stéphane Dujarric, le porte-parole de M. Annan, un renforcement des effectifs militaires et policiers de l’ONUCI « contribuerait à améliorer la capacité de la Mission à faire face aux défis sécuritaires à Abidjan ».
Les casques bleus de l’ONU, appuyés par les 4 000 soldats français de l’opération Licorne maintiennent une fragile paix dans ce pays d’Afrique de l’Ouest - autrefois havre de stabilité - depuis la tentative avortée du coup d’Etat de septembre 2002.
Mais le mois dernier, les Jeunes Patriotes, un groupe de partisans du Président Laurent Gbagbo s’en étaient pris aux installations de l’ONU et à l’Ambassade de France pour manifester leur colère contre l’intervention du Groupe de travail international dans le processus de paix en Côte d’Ivoire.
Des sanctions individuelles telles que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs pourraient être prises à l’encontre de Charles Blé Goudé et d’Eugène Djué, deux hauts responsables du mouvement des Jeunes Patriotes. Fofie Kouakou, un commandant des forces rebelles, pourrait également faire l’objet de sanctions imposées par les quinze membres du Conseil de sécurité.
Vendredi dernier, M. Annan avait demandé qu’un bataillon de soldats et une unité de police soient prélevés sur le contingent des Forces de la MINUL et mis à la disposition de l’ONUCI pour une période initiale de trois mois.
Peu de temps après les manifestations anti-ONU de janvier dernier, M. Annan avait sollicité l’envoi en Côte d’Ivoire de 3 400 casques bleus supplémentaires et de 475 personnels de police, mais sa requête avait été rejetée par le Conseil de sécurité.
Selon certains diplomates, les Etats-Unis étaient opposés au renforcement des effectifs militaires de l’ONUCI.
L’Ambassadeur américain auprès de l’ONU, John Bolton, s’était même demandé si l’ONUCI ne posait pas plus de problème qu’il n’apportait de solution au conflit ivoirien.
Au cours de la conférence de presse qu'l a donné le week-end dernier à Dakar, la capitale sénégalaise, Pierre Schori, le chef de l’ONUCI avait indiqué que la Côte d’Ivoire traversait une période délicate et que le processus de paix pouvait poursuivre son chemin ou dégénérer en crise.
« Le paradoxe [en Côte d’Ivoire], c’est qu’en même temps que nous sommes près de la route de la paix, nous sommes aussi près de la route de la crise », a expliqué M. Schori.
Cette semaine, le Premier ministre Charles Konan Banny – nommé par les médiateurs internationaux – devrait rendre public son chronogramme pour le désarmement des forces rebelles et de tous les combattants des milices pro-Gbagbo.
Au cours de la visite de deux jours qu’il a effectuée à Bouaké, le fief des rebelles, - la première de M. Banny en territoire rebelle – l’ancien banquier a déclaré que les discussions sur la réintégration de l’armée nationale étaient importantes, mais que les conditions de sauvegarde de la paix étaient primordiales.
« La reprise du dialogue entre les militaires est importante. C’est l’une de mes priorités – mais la priorité des priorités est de créer un environnement propice à la paix », a déclaré M. Banny, en présence du leader des Forces nouvelles, Guillaume Soro, et de Sidiki Konaté, le porte-parole du mouvement.
Le sentiment d’inégalité ressenti au sein de l’armée ivoirienne par les militaires originaires du nord par rapport à ceux originaires du sud avait été l’une des causes de la rébellion de septembre 2002.
M. Schori a également mis en garde contre le risque d’une crise humanitaire majeure dans la région ouest très troublée de la Côte d’Ivoire où les travailleurs humanitaires et le personnel de l’ONU – civil comme militaire – avaient été contraints d’interrompre leurs opérations à la suite des violentes manifestions de janvier dernier.
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