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Les altermondialistes s'invitent en Afrique

Le premier Forum Social Mondial organisé sur le continent africain et qui fédère les opposants à la mondialisation autour du slogan « un autre monde est possible » s’est ouvert jeudi à Bamako, la capitale malienne, par une marche destinée à dénoncer les politiques néo libérales.

« Non à la politique néolibérale… Non à la marchandisation de l’Afrique… », pouvait-on notamment lire sur les pancartes brandies par les milliers de manifestants du monde entier ayant parcouru les 4 kilomètres entre le Monument de l’indépendance et le stade où a eu lieu la cérémonie d’ouverture de la grand-messe annuelle.

« J’assiste à cette marche pour exprimer mon attachement à la lutte contre l’humiliation, à la lutte pour la liberté, la démocratie », a témoigné une jeune militante tunisienne, Labidi Leila.

Tiecoura Coulibaly, un producteur malien de coton, a pour sa part choisi de marcher pour dénoncer les subventions occidentales accordées aux producteurs du Nord : « il faut qu’ils sachent que c’est une injustice… », a-t-il martelé avec hargne.

Le Forum a été créé en 2001 et a eu lieu quatre fois à Porto Alegre, au Brésil, et une fois à Bombay, en Inde. Pour la première fois cette année, il est itinérant afin, selon son site officiel, « d’aller à la rencontre du peuple malien, sur les lieux où des femmes et des hommes se battent quotidiennement pour une vie plus digne ».

Il se déplacera ainsi à Caracas au Venezuela du 24 au 29 janvier, et coïncidera avec le Forum de Davos, en Suisse, qui rassemble les décideurs économiques et politiques du monde. Il s’achèvera à Karachi, au Pakistan, à la fin du mois de mars.

Cinq jours durant, près de 700 activités telles que débats, concours, projections de films autour des thèmes comme la guerre et la militarisation, la mondialisation, la fin des subventions agricoles, le libéralisme, la destruction des écosystèmes ou le commerce international auront lieu dans 10 sites, a indiqué à IRIN Mamadou Goita, le coordonnateur du comité d’organisation.

Plus de 30000 personnes sont attendues à la rencontre de Bamako au nombre desquelles l’ancien Chef d’Etat algérien, Ahmed Ben Bellah, l’ancienne première dame française, Danielle Mitterrand, le cinéaste américain Danny Glover, le révérend américain Jessie Jackson ou le professeur Bernard Cassen, a-t-il poursuivi.

Mais certains Maliens voient dans cette rencontre une perte de temps.

« Cette histoire de forum ne nous mènera à rien », a déclaré sur un ton pessimiste Aliou Traoré, un ancien enseignant qui a perdu son emploi.

« C’est toujours les mêmes discours, en plus des politiques, les altermondialistes aussi veulent nous endormir par le verbe », a-t-il dit devant la bourse du travail.

Pour Sékou Diarra, membre de la Coalition malienne Dette et Développement, le combat altermondialiste a, au contraire, permis d’obtenir des résultats.

« Si les décideurs du G8 ont infléchi leurs positions par rapport à certaines questions comme l’annulation de la dette, c’est suite au combat des alter mondialistes »

Selon Aminata Dramane Traoré, écrivain, ancien ministre malienne de la culture et figure de proue du mouvement altermondialiste africain, « le Forum de Bamako doit amener à la prise en compte de la spécificité africaine au sein des débats du Forum…l’Afrique doit s’approprier ce combat ».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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