Les représentants officiels de l’Union africaine (UA) ont suspendu les pourparlers de paix à Abuja dimanche afin de permettre aux délégués musulmans du gouvernement soudanais et des deux mouvements rebelles de célébrer les festivités de l’Eid el-Kebir.
Les discussions devraient reprendre le 15 janvier, ont déclaré les médiateurs.
Ces derniers avaient espéré que ce septième round de pourparlers entre les autorités de Khartoum, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (Jem), qui a démarré au mois de novembre, résoudrait un conflit vieux de trois ans.
Mais ils ont admis que le seul résultat tangible était le maintien du dialogue entre les deux parties.
« Cela fait plus d’un mois que nous sommes ici, mais je ne peux même pas dire que l’on ait progressé. C’est très lent”, a déclaré en fin de semaine à la presse Sam Ibok, l’un des représentants de l’UA.
Mettant pour la première fois leurs différents de côté, les deux groupes rebelles ont présenté un front commun, demandant la création d’un nouveau poste de vice-président qui reviendrait à quelqu’un du Darfour. Mais le gouvernement soudanais a catégoriquement rejeté cette option, proposant, au mieux, une position de conseiller spécial auprès du président Omar el-Bashir.
En plus de la vice-présidence, les rebelles veulent également élargir la région, qui avait été amputée de certains territoires dans le passé.
Ces deux points ayant conduit les négociations dans une impasse qui dure depuis des semaines, le médiateur de l’UA a déclaré qu’ils avaient été abandonnés pour le moment.
Un autre sujet de négociations concerne le partage des richesses et les questions sécuritaires, mais certains délégués ont affirmé que tout progrès dans ces deux domaines seraient insignifiants sans un accord de partage des pouvoirs. Selon M. Ibok, les opinions divergent également sur ces questions.
Le blocage des pourparlers n’a pas permis d’améliorer la situation sécuritaire au Darfour, qui continue d’empirer.
Vendredi, la dernière violation du cessez le feu a tué l’un des 6 000 hommes chargés, par l’UA, du maintien de la paix dans la région. Les médiateurs affirment que la crise entre le Soudan et le Tchad risque de provoquer une escalade des tensions et de porter préjudice au processus de paix au Darfour.
Le Jem et le SLA/M ont pris les armes contre Khartoum début 2003 pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme l’abandon et l’oppression des populations noires du Darfour, une région semi-désertique aussi grande que la France. Le gouvernement soudanais a répondu en apportant son soutien à une milice arabe connue sous le nom de Janjawid.
Selon les estimations des agences humanitaires, plus de 180 000 personnes ont été tuées et près de deux millions d’habitants ont été obligés de quitter leurs maisons en raison des attaques systématiques des Janjawid.
La semaine dernière, les Nations unies ont déclaré le Darfour une zone à haut risque et réduit l’effectif de son personnel dans la zone.
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