"Ils doivent comparaître devant ces tribunaux et dire toute la vérité sur leurs rôles durant le génocide", a indiqué M. Kagamé. Ils "savent ce qui s’est passé et doivent donc parler".
Paul Kagamé a fait ces déclarations alors qu’il assistait à la cérémonie d’enterrement de 250 victimes du génocide, près du village de Murambi, dans la partie orientale du pays. Les cadavres ont été retirés des charniers et placés dans des cercueils individuels avant d’être remis en terre dans cinq fosses.
Kagamé a également expliqué aux milliers de survivants présents que les tribunaux traditionnels, appelés Gacaca, jouaient un rôle important dans le processus de réconciliation nationale et de coexistence pacifique entre les Hutu et Tutsi.
Selon les juges des tribunaux Gacaca, 700 membres du gouvernement actuel seront invités à témoigner. Des officiers supérieurs de l’armée ont également été cités à comparaître.
En mars dernier, le ministre de la Défense, Marcel Gatsinzi, a comparu devant le tribunal Gacaca de la province de Butaré, accusé par des villageois d’avoir participé à la planification du génocide. M. Gatsinzi a nié ces accusations.
Dans le système judiciaire Gacaca, les accusés qui avouent leurs crimes et plaident coupable voient leur peine réduite.
Jeudi dernier, une semaine de deuil a été décrétée dans le pays en souvenir des quelque 937 000 personnes tuées en l’espace de 100 jours. Les drapeaux seront mis en berne toute la semaine et les lieux de loisirs tels que les boîtes de nuit seront fermées.
George Terry, le réalisateur du film sur le génocide au Rwanda, "Hotel Rwanda", a indiqué lundi dernier qu’il envisageait de mobiliser des fonds pour venir en aide aux survivants.
"J’envisage de contacter des entreprises et des groupes industriels pour qu’ils m’aident à créer un fonds international pour le Rwanda qui sera géré conjointement avec la Fondation des Nations unies et qui aidera principalement les survivants du génocide", a-t-il expliqué.
En outre, il a indiqué qu’il entendait exploiter l’émotion que susciterait le film pour aider le peuple rwandais et les survivants du génocide, en particulier.
Selon M. Gerry Terry, le fonds permettra de financer des projets humanitaires et de développement, notamment des petits projets générateurs de revenues pour les survivants, et de fournir des médicaments gratuits aux femmes ayant contracté le VIH/SIDA au cours des viols qui ont eu lieu pendant le génocide.
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