"Si certaines clauses de la constitution ne leur plaisent pas, les gens ont le droit de répondre par non au référendum," a déclaré mercredi le vice-président sud-africain Jacob Zuma, lors d’une conférence de presse à Bujumbura, la capitale burundaise.
Zuma est le médiateur en chef dans le processus de paix du Burundi. A ce titre, il s’est entretenu avec le président ougandais Yoweri Museveni qui préside, avec d’autres chefs d’Etat de la région, l’initiative de paix pour le Burundi. Selon Zuma, le gouvernement intérimaire actuel ne doit pas modifier la constitution. Par ailleurs, la constitution qui repose sur les différents points de l’accord de paix d’Arusha a été signée en 2000 par le gouvernement et la plupart des chefs rebelles. Le gouvernement intérimaire n’est pas un gouvernement élu aux suffrages universels.
Le problème des amendements a divisé les leaders politiques burundais, même au sein de leur propre partie. Le président Domitien Ndayizeye, par exemple, est favorable à la modification de la constitution, alors que le chef de son parti et président de l’assemblée nationale, Jean Minani, y est complètement opposé pour le moment.
Un des amendements proposés devrait permettre aux anciens présidents et au président actuel de se présenter aux élections présidentielles. Un autre proposait d’élire le président aux suffrages directs. Le projet de constitution actuel stipule que pour les premières élections de l’après-transition, le président devrait être choisi par les députés.
Les autorités burundaises n’ont pas encore réagi officiellement à cette proposition.
En début de semaine, Zuma a indiqué qu’il avait rencontré en privé des responsables de la classe politique, des diplomates et des représentants de la commission électorale nationale indépendante, de la cour constitutionnelle et de l’armée.
Les chefs d’Etats de la région avaient accepté la proposition de la Commission électorale de retarder de six mois le référendum et la période de transition afin de régler tous les problèmes techniques liés à l’organisation des élections. Mais Zuma a fait remarquer que si l’objectif du report était de modifier la texte de la constitution, cela serait la porte ouverte à tous les abus et le processus s’effondrerait".
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