«Pris entre les combats d’un côté et un difficile exile de l’autre, des milliers de réfugiés congolais ont passé les dix derniers jours à traverser la frontière dans les deux sens», a déclaré le HCR mercredi dernier.
10 100 réfugiés étaient arrivés à Ishasha, un village situé près du lac Edward. Selon le coordonnateur médical de MSF, le Dr Jérôme Arties, présent à Ishasa lundi et mardi, sur les quelque 10 000 réfugiés installés à Ishasa, il n’en reste plus qu’un millier.
A Genève, toutefois, le porte-parole du HCR, Ron Redmond, a déclaré lors d’un point de presse mardi que les réfugiés pouvaient retourner en RDC et d’après les informations qui il disposait, nombreux sont ceux qui ont déjà pris le chemin du retour.
«Le village d’Ishasha est situé à trois kilomètres de la frontière, près d’un poste frontière abandonné», a dit Redmond. «Nous avons demandé aux autorités ougandaises d’installer des postes de contrôle policiers et militaires près du site pour protéger les réfugiés».
Selon les indications du HCR, quelque 20 000 réfugiés de la RDC sont entrés sur le territoire ougandais la semaine dernière.
« Deux groupes auraient fuit la RDC pour des raisons diverses», a indiqué Redmond.
Selon Redmond, les réfugiés d’Ishasha « ont fuit la région du Nord-Kivu en RDC à cause de la reprise des combats entre le RCD-Goma et la milice Mayi-Mayi.
A quelques centaines de kilomètres au nord d’Ishasha, un groupe d’environ 7 000 réfugiés congolais est récemment arrivé par bateau dans le village de Nkondo (district de Hoima) en franchissant le lac Albert.
«Ils ont dit avoir quitté leur maison dans la région de l’Ituri en RDC à cause des combats qui opposaient les tribus Hema et Lendu», a expliqué Redmond.
«Les réfugiés de Nkondo doivent être déplacés», a-t-il poursuivi.
Ce sont pour la plupart «des femmes et des enfants qui ne veulent pas quitter la zone frontière tant que les époux et les pères ne les ont pas rejoints», a précisé Redmond. «C’est un réel sujet de préoccupation pour nous car les réfugiés courent de sérieux risques sanitaires s’ils restent entassés au même endroit».
Selon Roberta Russo, le porte-parole du HCR à Kampala, une augmentation des cas de diarrhées, de paludisme et d’infections respiratoires ont été signalés parmi les réfugiés.
Nkondo est situé au bas d’une falaise «accessible uniquement en camionnette en empruntant un chemin périlleux», a expliqué Redmond. «Étant donné les contraintes logistiques, le HCR ne peut offrir qu’une assistance de base».
L’UNICEF a envoyé des équipements médicaux et des médicaments de première nécessité qui sont distribués par des volontaires locaux. L’agence a aussi envoyé dans la région 1 500 doses de vaccins contre la polio et 3 000 doses contre la rougeole, a confirmé Chulho Hyun, porte-parole de l’UNICEF à Kampala.
«Nous avons aussi offert des toilettes mobiles, mais la priorité pour l’instant est de réinstaller les réfugiés plus loin, à l’intérieur des terres», a dit Hyun.
Mercredi, Russo a indiqué près de 1 000 réfugiés ont été transférés de Nkondo vers Kyaka II, un site plus permanent au sud du district de Kyenjojo où le HCR a déjà envoyé 8 000 réfugiés congolais. Kyaka II est équipé pour accueillir 10 000 personnes supplémentaires.
Quant aux nouveaux réfugiés qui se trouvaient à Ishasha, ils «sont retournés chez eux à cause du manque de nourriture et des mauvaises conditions d’hygiène», a expliqué Russo à IRIN. Les autorités locales dans la région ont distribué de la nourriture aux réfugiés dès leur arrivée, mais elles n’en disposent plus actuellement, a-t-elle dit.
Selon MSF, 18 enfants souffraient de légère malnutrition.
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