Le taux global de malnutrition est de 7,9% chez les 500.000 habitants de la zone de santé de Kirothse, à 30 km au sud-ouest de Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu, a affirmé le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial, Sheila Sisulu, à l'occasion d'une mission sur le terrain la semaine dernière.
Le docteur Alpha-Jean Asani Akilimani, médecin-chef de la zone de santé, a expliqué ce taux de malnutrition dans une région propice à la culture et à l'élevage par la présence des bandes armées, malgré la fin de la guerre. Ces groupes armés, a continué le docteur, imposent leurs lois et empêchent la population de cultiver librement la terre.
"Lorsque la population déplacée [à cause des affrontements] regagne son milieu d'origine et commence à cultiver, des bandes attendent le moment de la récolte pour s'accaparer tous les produits semés," a déclaré à IRIN M.Asani.
Par ailleurs, a-t-il poursuivi, les déplacés dans leur fuite recherche des localités plus calmes dans lesquelles ils sont obligés de partager le peu de nourriture disponible avec la population locale.
"Le taux de malnutrition sévère est de 3,4 % dans cette zone même si le taux global de malnutrition est de 7,9 %," a indiqué Lucien Matata, nutritionniste dans la zone de santé.
Pour lui, la faible consommation de produits animaliers contenant des protéines à haute valeur énergétique explique également cette malnutrition. Les produits de l'élevage sont emmenés en ville pour être vendus alors que les paysans n'en bénéficient pas.
"Les parents pensent satisfaire les besoins familiaux avec l'argent qu'ils gagnent de la vente alors que la malnutrition s'installe," a rapporté M. Matata.
Consécutivement à cette situation, l'ONG Vision mondiale et le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) fournissent des traitements et des rations nécessaires à la ré-alimentaion.
Un programme de sécurité alimentaire couvrant 12 centres nutritionnels a été mis en place. Dans ce cadre, les paysans sont initiés à l'élevage des cochons dindes et des lapins pour leur permettre d'avoir régulièrement des produits animaliers.
Selon les experts en nutrition de la région, la malnutrition s'est installée dans cette zone depuis 1993 à la suite des guerres.
La section humanitaire de la Mission des Nations Unies en RDC et le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires à Gemena, dans la province du nord Equateur (nord-ouest de la RDC) ont établi, par ailleurs, à
la suite d'une enquête entre le 19 février et le 5 mars 2004 que 44,9% des familles n'ont qu'un repas par jour, 4,6% de ménages ont moins d'un repas par jour dans les localités de Bosobolo, de Yakoma et dans le secteur de Abuzi.
La situation de malnutrition concerne principalement les enfants.
"Parmi les enfants de moins de cinq ans, un peu plus d'un tiers accusent un retard de croissance, près d'un enfant sur huit souffre de malnutrition aiguë et 3% de façon sévère," a indiqué le rapport.
Cette malnutrition a pour cause l'exploitation abusive des forêts, les conflits des terres dus à l'explosion démographique et à la faiblesse de la fertilité du sol due à l'intensification des cultures, a indiqué l'enquête.
Du fait de l'insécurité, 12.892 personnes déplacées internes ont été enregistrées à Gbadolite, Yakoma, Abuzi, Wapinda dans le district du Nord Ubangi et 14.058 autres à Bumba, Itimbiri et Monzaboli, dans le district de Mongala.
"8.230 déplacés ne peuvent plus retourner dans leur village de résidence faute d'habits et d'habitations, il en est de même de 6.000 déplacés de Abuzi qui vivent en forêt dans des campements et qui manifestent vivement le désir de quitter la forêt," a ajouté le rapport.
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