"Les violences sexuelles, particulièrement, sont un véritable problème de santé publique parce qu’après l’agression, les femmes ne vont pas tout de suite se faire consulter. A Brazzaville, il existe cependant des centres de prise en charge médicale disposés à les accueillir. C’est pourquoi, elles sont exposées au VIH/SIDA," a-t-elle expliqué.
Les guerres à répétition en République du Congo ces dernières années, ont entraîné de nombreuses violences sexuelles à l’encontre de la population civile en général et contre les femmes en particulier.
Durant l’année 2003, a indiqué MSF, 359 victimes de violences sexuelles ont été admises à l’hôpital de Makélékélé et de Talangaï, dans le sud et au nord de Brazzaville.
Martine Pongui, un médecin exerçant au Programme national de lutte contre le sida (PNLS), a estimé que d'autres types de violence à l’encontre des femmes les exposent au VIH/Sida.
"On ne peut négliger les conséquences désastreuses des violences conjugales, du harcèlement sexuel permanent dont sont quotidiennement victimes les femmes. Une femme battue régulièrement par son mari a tendance à chercher un havre de paix en dehors du foyer. Ce faisant elle devient infidèle et s’expose au sida, cela d'autant plus qu'un nombre insignifiant de femmes impose aux hommes le port du préservatif. Dans un monde caractérisé par le dénuement économique, il faut
aussi reconnaître que le harcèlement fait son chemin; là aussi, les femmes sont les grandes perdantes," a expliqué Mme Pongui.
Une récente enquête du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) a révélé une forte tendance à la féminisation du VIH/Sida en République du Congo ainsi qu’une augmentation du risque de séropositivité chez les jeunes femmes. Avant 35 ans, les femmes sont deux fois plus touchées par le sida que les hommes, a souligné l’enquête. Entre 80.000 et 110.000 personnes sont infectées dans le pays où le taux de prévalence est évalué à 4,2%, a rapporté la même source. Ce taux serait néanmoins supérieur selon des estimations des agences onusiennes.
En 2002, une enquête réalisée par le PNLS a noté à Brazzaville, la capitale, un taux de prévalence de 3,1% chez les femmes enceintes et de 5,6% à Pointe-Noire, la deuxième ville du pays.
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