Selon le juge Sambay Mutenda Lukusa, président de la Cour d’Appel de Gombe et membre du Syndicat autonome des magistrats congolais (SYNAMAC), la suspension de la grève permettra au parlement et au gouvernement "de négocier avec sérénité et sérieux avec le troisième pouvoir que constitue la magistrature".
Le Parlement avait créé la semaine dernière une commission chargée d'assurer la médiation entre le gouvernement et le pouvoir judiciaire. Ce dernier réclame une revalorisation des salaires et plus d'indépendance.
"Nous avons repris le travail parce que nous avons constaté que les autres pouvoirs commencent à faire de l’indépendance de la justice leur préoccupation," a déclaré M. Sambay.
Les magistrats étaient en effet souvent en proie aux manipulations des hommes politiques et corrompus. L’un des gouvernements précédents avait d’ailleurs révoqué 315 magistrats, accusés par lui de corruption.
Ces magistrats ont été réhabilités le mois dernier consécutivement à une décision prise lors du dialogue intercongolais en Afrique du Sud.
Les 1.700 magistrats congolais ont cependant repris le travail sans qu’aucune proposition relative à leur rémunération et indépendance n'ait été avancée.
Les juges revendiquent des salaires de 950 dollars alors qu’ils se situaient dans une fourchette allant de 15 à 40 dollars jusqu'à présent.
"La revendication économique venait juste en appui de notre préoccupation d’avoir une justice indépendante," a affirmé M. Sambay. Les magistrats, selon lui encore, ont aussi suspendu leur mouvement pour des raisons humanitaires.
"Nous avons pensé qu'il fallait travailler pour régler les problèmes des personnes arrêtées durant cette période de fin d'année, mais permettre aussi aux plaignants de bénéficier de la justice," a-t-il affirmé.
"Nous avons aussi constaté la recrudescence de la criminalité alors que nous étions en grève car la police seule ne suffit pas à la contrecarrer," a-t-il encore affirmé.
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