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Débat autour d'un rapport sur l’activité sexuelle des femmes

Une nouvelle étude révélant que les femmes au Swaziland avaient davantage de partenaires sexuels que les hommes a suscité des réactions en cascade parmi les acteurs de la lutte contre le sida, pour qui ce phénomène est directement lié à la pauvreté.

Selon cette étude, 60 pour cent des femmes sexuellement actives ont indiqué qu’elles avaient eu au moins deux partenaires sexuels différents au cours des trois derniers mois, soit 18 pour cent de plus que les hommes.

L’étude s’était fixé comme objectif de vérifier l’hypothèse selon laquelle le taux de prévalence élevé enregistré au Swaziland était principalement lié aux comportements sexuels des hommes, mais elle n’absout pas pour autant la gente masculine, ont déclaré des associations de lutte contre le VIH/SIDA.

Le Swaziland affiche le taux de prévalence du VIH/SIDA le plus élevé du monde. Selon les chiffres avancés cette année par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (Onusida), près de 33 pour cent de la population sexuellement active du Swaziland sont porteurs du virus.

L’étude, qui s’est intéressée à plusieurs centaines d’hommes, femmes et adolescents sexuellement actifs, a été commandée par Word Vision, une organisation chrétienne d’aide humanitaire d’urgence et de développement. Elle a été menée dans la région de Shiselweni, dans le sud du pays, où la pauvreté contraint les jeunes filles à avoir plusieurs partenaires sexuels.

«Elles deviennent sexuellement actives dès l’âge de 11 ans, et elles ont plus de quatre partenaires à la fois», a déclaré l’un des auteurs de l’enquête.

Selon Hannie Dlamini, responsable de Deeply Concerned People Against HIV/AIDS, une organisation de lutte contre le sida, les faits mentionnés dans le rapport sont erronés.

«Ce que je sais moi, c’est qu’au Swaziland, ce sont les hommes qui proposent aux femmes d’avoir des rapports sexuels. Ce sont les hommes les prédateurs, pas les femmes», a-t-il affirmé à IRIN.

Les jeunes filles ont des relations sexuelles avec des hommes plus âgés non pas par amour ou par envie de se marier, mais pour l’argent et le glamour.

«Ces jeunes filles sont particulièrement exposées à des rapports sexuels non protégés, car lorsqu’elles se prostituent, il leur est difficile de négocier l’usage du préservatif avec leurs partenaires masculins», ont souligné les auteurs de l’étude.

«La situation a changé, ce n’est plus tout noir ou tout blanc. Il ne s’agit plus des hommes à la sexualité débridée qui contaminent des femmes impuissantes ou victimes de viols. L’étude nous apprend qu’il existe une zone grise lorsque l’on parle des comportements et que ce ne sont pas les responsables qui manquent», a affirmé Chris Mavuso, un activiste engagé dans la lutte contre l’épidémie.

Selon World Vision, si la lutte contre le VIH/SIDA s’est longtemps uniquement intéressée aux comportements sexuels des hommes, c’est parce que ce sont généralement des hommes d’un certain âge qui ont des rapports sexuels avec ces jeunes filles.

«Les hommes doivent être des acteurs de changement dans une culture où les femmes n’ont pas la parole», a rappelé World Vision.

Cependant, ceci n’est pas prêt de se produire, à moins que la sexualité ne soit plus un sujet tabou au sein de la société swazi.

Le rapport recommande que les parents apprennent à parler des sujets sensibles que sont le sexe, la sexualité et la question du genre avec leurs enfants.

«Ce n’est pas facile de parler de la sexualité et du VIH avec nos parents, parce que nous sommes jeunes et ils croient que nous ne sommes pas encore sexuellement actifs», a déclaré une jeune fille lors d’un groupe de discussion.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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