1. Accueil
  2. East Africa
  3. Uganda

Les hommes invités à parler plus ouvertement du VIH/SIDA

Une association a décidé de consacrer son énergie à encourager les hommes ougandais séropositifs à dévoiler leur statut sérologique au lieu de faire courir des risques à leurs familles et à eux-mêmes. L’Association des hommes séropositifs (Positive Men's Union -POMU) promeut l’engagement des hommes vivant avec le virus dans la lutte contre l’épidémie et encourage ces derniers à se faire suivre médicalement et à recourir à une aide psychologique. Richard Serunkuuma, âgé de 34 ans et coordinateur national de la POMU, a indiqué que les hommes souffraient intérieurement, qu’ils étaient incapables de révéler leur séropositivité à leur famille. «Le sida a longtemps été considéré comme un grand péché et je ne voulais pas être perçu comme un pécheur. Ne pas savoir vers qui me tourner a été très douloureux», a-t-il témoigné. Selon les membres fondateurs de l’organisation, la POMU est la seule organisation ougandaise à s’adresser spécifiquement aux hommes, alors que le nombre d’organisations dédiées aux femmes s’est rapidement accru. Dans la tradition ougandaise, les hommes doivent s’occuper de leur famille et ne peuvent demander de l’aide. De plus, la maladie est synonyme de faiblesse, par conséquent, les hommes sont réticents à l’idée de suivre un traitement. Les organisations de lutte contre le VIH/SIDA se disent inquiètes car un pourcentage élévé d’hommes ne suit pas de traitement après avoir appris sa séropositivité. Richard Serunkuuma a découvert qu’il était séropositif à l’âge de 20 ans, après un test sanguin. Pendant plusieurs mois, il s’est torturé l’esprit pour savoir comment annoncer la nouvelle à sa famille et comment vivre avec la maladie. Au sein de l’Organisation de soutien aux malades du sida, (AIDS Support Organisation - Taso), l’une des principales organisations du pays à proposer des soins et de l’aide aux personnes séropositives, 65 pour cent des patients sont des femmes. Les résultats d’une enquête sur la population, menée en 2004 et 2005, ont indiqué que le taux de prévalence s’était stabilisé à 6,4 pour cent parmi les adultes âgés entre 15 et 49 ans. La dernière étude comportementale a révélé que le taux de prévalence était plus élévé chez les femmes (7,3 pour cent) que chez les hommes (5,2 pour cent). Cependant, ces chiffres ne tiennent pas compte de la différence entre le nombre de femmes et d’hommes qui ont accès à des conseils et à un traitement, a souligné Richard Serunkuuma. La disparité est encore plus importante dans les régions rurales, où la stigmatisation sociale est plus difficile à surmonter, a-t-il souligné. Selon la POMU, étant donné que les hommes ne demandent ni aide ni conseils, les efforts déployés en vue de freiner la propagation du virus sont mis à mal. En outre, un tel comportement a des conséquences négatives sur le bien-être de la famille. «Imaginez un homme polygame qui cache sa séropositivité à ses femmes», a déclaré Richard Serunkuuma. «Il y a de très grands risques pour qu’il les contamine, qu’il tombe malade et qu’il ne soit plus en mesure de s’occuper de sa famille.» Peter Ssebbanja, directeur des affaires juridiques de la TASO, a souligné qu’il était essentiel de s’adresser aux hommes, car ce sont eux qui prennent les décisions au sein de la famille ougandaise. «Ce que la POMU doit arriver à faire c’est de persuader les hommes à révéler leur statut sérologique. Si la POMU parvient à convaincre les hommes infectés d’accepter leur statut et de suivre un traitement, une étape importante sera alors franchie», a-t-il estimé. «Il faut que les hommes se rendent compte de l’importance du dépistage volontaire et qu’ils considèrent le dépistage comme faisant partie intégrante des soins médicaux», a-t-il ajouté. La POMU travaille en partenariat avec des organisations comme la TASO dans 14 districts, dont celui de Gulu, situé dans le nord de l’Ouganda, une région ravagée par la campagne de terreur menée par l’Armée de résistance du seigneur (LRA) depuis une vingtaine d’années, au cours de laquelle des civils ont été tués, mutilés et des milliers de femmes et de filles violées. Selon Richard Serunkuuma, 2 000 hommes séropositifs sont membres de l’organisation, dont le budget annuel avoisine les 1 100 dollars américains. «La POMU compte relativement peu de membres», a-t-il conclu, «mais les hommes acceptent [progressivement] leur besoin de se réunir pour se soutenir.»

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join