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Des mères à domicile pour les bébés séropositifs abandonnés

[Swaziland] Mavis Samuels. IRIN
Mavis Samuels and two of the orphaned babies awaiting adoption
Mavis Samuel fait partie du programme national uMephi (“Banir la honte”, en Zulu), qui recherche des parents adoptifs ou des familles d’accueil pour les bébés abandonnés, dont la majorité sont des nouveaux-nés séropositifs ou orphelins du sida. Samuels s’occupe de quatre bébés abandonnés ou orphelins en attente d’adoption a Chatsworth, une commune située près de Durban, sur la côte est du pays. Elle est l’une des 12 “mères à domicile” employées par le conseil social de la mission apostolique d’Afrique du sud (AFM) dans sept des neufs provinces du pays. Dans le cadre du projet, ces mères à domicile sont aidées par les travailleurs sociaux d’uMephi. Elles s’occupent de plusieurs bébés en même temps, jusqu’à six nouveaux-nés pour certaines. Pour éviter de créer une génération d’enfants élevés en marge de la société, le conseil social de l’AFM a estimé qu’il fallait aborder la question du nombre croissant d’orphelins du sida et d’enfants séropositifs différemment. “Le VIH/SIDA nous a fait réaliser que nous avions besoin de beaucoup plus que de simples toits pour ces enfants”, a expliqué Helena Jackson, responsable nationale du projet uMephi et directrice adjointe du conseil social de l’AFM. Depuis que Samuels est devenue mère à domicile en mai 2004, elle s’est occupée de 11 bébés qui ont tous trouvé une famille, a-t-elle précisé fièrement à PlusNews. “Chaque fois que je dois en laisser un partir, je souffre le martyre”. Quand un enfant quitte sa maison d’accueil, Samuels, comme toutes les autres mères du projet, lui prépare une “boîte à mémoire” dans laquelle elle consigne des éléments de l’histoire du bébé. “Même si en général on sait peu de choses sur son passé, nous voulons être sûres que quand l’enfant grandira, il sache d’où il vient”, a-t-elle expliqué. Benjamin – le nom donné par Samuels en attendant que l’enfant trouve une famille -, un bébé de quatre mois, est arrivé récemment chez elle. La police a trouvé l’enfant, malade et abandonné, dans un parc de Durban il y a quelques semaines. Parmi les bébés dont s’occupe le projet uMephi, certains ont été abandonnés dans les hôpitaux, confiés à des travailleurs sociaux ou des associations locales. D’autres ont été découverts par la police sous des ponts, des arbres et même dans les toilettes publiques. “La plupart des bébés trouvés dans la rue a toujours son cordon ombilical”, a dit Jackson. Les enfants abandonnés sont pour la plupart issus de grossesses non désirées. Certaines des mères ont été violées, d’autres ont subi des violences domestiques ou sont elles-même encore des adolescentes ou de très jeunes filles. Peu après le lancement du projet uMephi au début de l’année 2004, une petite fille âgée de quelques jours, plus tard baptisée “Hope” (“Espoir”) par ceux qui l’ont recueillie, a été trouvée dans un état critique dans un urinoir public de la province de Gauteng (Johannesbourg). Après avoir reçu un traitement médical, elle a été amenée dans l’une des premières maisons d’accueil de l’AFM avant d’être adoptée quatre mois plus tard. Depuis son lancement, le projet a pris en charge près de 1 200 bébés, dont plus d’un tiers est séropositif. La majorité d’entre eux a trouvé des parents adoptifs ou des familles d’accueil. “Cela nous prend en moyenne six mois pour trouver une famille adoptive à un bébé”, a expliqué Jackson à PlusNews. Les bébés séropositifs trouvent des familles aussi rapidement que les autres, a-t-elle ajouté, même si les parents adoptifs savent qu’ils doivent se préparer à ce que l’enfant ait une espérance de vie plus courte, qu’il soit malade ou traumatisé. “Nous avons réalisé que la population sud-africaine faisait preuve de beaucoup de bonne volonté pour adopter ou accueillir des enfants”, a-t-elle ajouté. Dans le cas où un enfant ne trouverait pas de parents adoptifs - un scenario qui ne s’est jamais produit selon Jackson - uMephi placera l’enfant dans l’un des 22 orphelinats géré également par le projet, avec des subventions du gouvernement. Confier un bébé à une mère à domicile coûte 322 dollars par mois. Le gouvernement sud-africain subventionne uMephi à hauteur de 50 dollars par mois et par bébé.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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