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Le typhon Bopha affecte les soins de santé maternels à Mindanao

A young mother nurses her child at a shelter in Mindanao, which was badly affected by Typhoon Bopha in December 2012. More than 6.2 million people were affected
(Karl Anthony Ebol/Philippine Red Cross)

De nombreux centres de santé ont été endommagés ou détruits par le typhon qui a dévasté l’île de Mindanao. L’état des soins maternels depuis la survenue de la catastrophe suscite les préoccupations des experts.

« De nombreux centres de santé situés dans les villages ont été totalement détruits. Et dans ceux qui n’ont été que partiellement endommagés, les fournitures médicales ont été emportées par les pluies et les vents », a dit à IRIN Ugochi Daniels, la représentante du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) aux Philippines.

« Nous assistons non seulement à l’interruption des services de santé, mais à la destruction du système de santé. Cette situation rend difficile l’accès des femmes aux soins de santé prénatals. »

D’après les estimations du gouvernement, les dommages subis par les infrastructures et les installations de santé de la région s’élèvent à plus de 12,5 millions de dollars.

Selon le Département de la santé, 146 des 369 centres de santé situés dans les villages de la région affectée par le typhon ont subi des dommages structurels à divers degrés et les quatre hôpitaux publics ont été endommagés.

« La mise en œuvre des programmes de santé publique se fait réellement dans les centres de santé des villages, et les sages-femmes sont les fournisseurs de soins de santé de première ligne. Depuis que les centres ont subi des dommages, les femmes [enceintes] ne savent pas où aller ou doivent parcourir de longues distances. Les sages-femmes n’ont nulle part où administrer [des soins aux] patientes », a dit Joy Sanico Davao, haut fonctionnaire à l’hôpital provincial du Davao Oriental.

Le typhon Bopha (appelé « Pablo » par les locaux) a frappé l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines, le 4 décembre 2012. Plus de 6,3 millions d’habitants ont été affectés et environ 2 000 personnes sont décédées ou manquent toujours à l’appel. Selon le Conseil national de réduction des risques et de gestion des catastrophes, plus de 200 000 foyers ont été endommagés ou détruits.

L’UNFPA estime à 8 356 le nombre de femmes enceintes ayant besoin de soins prénatals dans les zones affectées par le typhon (dont environ 2 785 au dernier trimestre de la grossesse). Une grande partie d’entre elles n’ont accès à aucun soin.

« Les besoins d’examens pré et post-natals et de ‘kits de dignité’ pour les femmes enceintes et allaitantes sont particulièrement urgents. Il faut par ailleurs accorder une attention particulière aux mères adolescentes dans les communautés affectées », a rapporté le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) le 8 janvier.

Les experts soulignent l’importance des examens prénatals dans le dépistage précoce des complications liées à la grossesse. Les études montrent en effet que des soins prénatals adéquats peuvent permettre de réduire le risque de mortalité maternelle, de fausse couche, de malformation congénitale et de faible poids de naissance. Le Département de la santé recommande un minimum de quatre consultations prénatales au cours de la grossesse.

Missions médicales

Les fonctionnaires locaux et les organisations d’aide humanitaire ont mis sur pied des missions médicales qui circulent dans les villages afin d’identifier les femmes enceintes et allaitantes et d’assurer leur suivi. Des kits d’accouchement d’urgence sont distribués aux sages-femmes.

Selon les chiffres présentés à IRIN par les responsables de la santé du Davao Oriental, sur l’île de Mindanao, la province compte actuellement 1 496 femmes enceintes et allaitantes, dont 951 ont été prises en charge par des missions médicales.

« Nous avons vu certaines femmes parcourir jusqu’à 10 kilomètres à pied pour voir un médecin. Certaines vont même jusqu’à traverser des rivières », a dit Geofford Montejo, un coordinateur provincial des soins maternels et infantiles.

« Les femmes enceintes ont aussi besoin de davantage de soutien psychosocial. Elles s’inquiètent du manque de moyens de subsistance à la suite du typhon. Elles ont très peu d’argent – lorsqu’elles en ont – et sont sur le point d’avoir un enfant », a dit Esther Yiu, qui travaille comme sage-femme au sein de l’unité de déploiement rapide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le CICR a mis sur pied une unité de soins de santé de base dans la province du Davao Oriental afin d’améliorer la prestation de services médicaux de première nécessité.

as/ds/cb-gd/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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